Ce mardi 18 août, l'allocation de rentrée scolaire (ARS) est versée à environ 3 millions de familles aux revenus modestes. Une enquête de l'Observatoire Emmaüs des budgets contraints, publiée ce jour, contredit l'idée reçue selon laquelle cette aide servirait à des dépenses sans lien avec la scolarité, comme l'achat d'écrans plats. Tarek Daher, délégué général d'Emmaüs France, s'insurge : « Qu'imagine-t-on des plus pauvres pour penser qu'ils se contrefichent de la rentrée scolaire de leurs enfants ? »
Une polémique récurrente alimentée par des déclarations
Chaque année, avant les reportages sur les achats de fournitures dans les supermarchés, resurgit la polémique sur l'ARS. Cette allocation annuelle, comprise entre 426 et 466 euros par enfant scolarisé de 6 à 18 ans, est versée sous condition de revenus. En 2021, Jean-Michel Blanquer, alors ministre de l'Éducation nationale, avait déclaré sur France 3 : « On sait bien qu'il y a parfois des achats d'écrans plats plus importants au mois de septembre qu'à d'autres moments. » Emmanuel Macron avait renchéri : « Nous serions aveugles ou naïfs de penser que la totalité de ce que chaque ménage touche en allocation de rentrée scolaire est reversée pour acheter des fournitures ou les livres des enfants. »
Une enquête de 42 pages réalisée sous supervision universitaire
L'Observatoire Emmaüs des budgets contraints répond à ces « perles de comptoir » avec une enquête documentée. Réalisée sous la supervision de la sociologue Hélène Ducourant et de l'université Gustave-Eiffel, ce document de 42 pages analyse en détail l'utilisation réelle de l'ARS par les familles bénéficiaires. Les résultats, présentés par Tarek Daher, délégué général d'Emmaüs France, dans un entretien à nos confrères, montrent que les familles modestes utilisent cette allocation en priorité pour les dépenses liées à la scolarité de leurs enfants, comme les fournitures, les livres, ou encore les vêtements et chaussures nécessaires pour la rentrée.
Des résultats qui contredisent les idées reçues
L'enquête souligne que les familles bénéficiaires de l'ARS font preuve d'une gestion rigoureuse de ce budget contraint. Les achats d'écrans plats ou d'autres biens non essentiels sont marginaux, contrairement aux stéréotypes véhiculés. Selon l'Observatoire, cette allocation représente un soutien crucial pour des familles qui doivent déjà arbitrer entre des dépenses essentielles, et elle contribue à réduire les inégalités sociales en matière de réussite scolaire. Tarek Daher insiste sur l'importance de cette aide : « L'ARS est un filet de sécurité pour des millions de familles, et les stigmatiser sur la base de préjugés est non seulement injuste, mais contre-productif pour la cohésion sociale. »
Un impact concret sur le pouvoir d'achat des familles
L'étude de l'Observatoire Emmaüs, qui s'appuie sur des données chiffrées et des témoignages, démontre que l'ARS est utilisée à plus de 90 % pour des dépenses directement liées à la rentrée des classes. Les familles interrogées soulignent que sans cette aide, elles devraient renoncer à certains achats ou s'endetter. Cette enquête intervient alors que le débat public sur les aides sociales est vif, et elle apporte un éclairage factuel sur une polémique qui resurgit chaque année. Les associations, comme Emmaüs France, appellent à une revalorisation de l'ARS pour faire face à l'inflation des fournitures scolaires, et à une meilleure information des familles sur leurs droits.



