Ce 1er mai, ils étaient entre 350 et 500 à battre le pavé dans les rues de Béziers, selon les sources. Réunis devant la Bourse du travail à l'appel de l'intersyndicale, les manifestants ont défendu les droits des travailleurs, réclamant des hausses de salaires et le maintien du repos obligatoire. La mobilisation a également mis l'accent sur des enjeux locaux, comme le projet de centre de maintenance SNCF.
Un défilé pour les travailleurs
Depuis 140 ans, les ouvriers du monde entier défilent le 1er mai pour défendre leurs droits, et ce dans 163 pays. Cette année encore, à Béziers, de nombreux syndicats ont appelé à se rassembler. Julien Rader de la CGT a rappelé : "Nous sommes contre la loi du plus fort. Nous sommes solidaires des habitants de nombreux pays qui subissent des guerres, mais nous sommes aussi mobilisés pour le centre de maintenance de la SNCF qui pourrait créer des emplois chez nous. Nous soutenons les aides ménagères qui se battent pour l'augmentation de leur indemnité kilométrique et de leurs rémunérations. Nous exigeons des mesures contre la misère : travailler doit permettre de vivre dignement."
Des voix s'élèvent contre le travail le 1er mai
Délia, aide ménagère, s'insurge : "Ce serait un scandale si des boulangers ou des fleuristes étaient verbalisés ? Moi, j'espère que l'inspection du travail fera son boulot. Le 1er mai, c'est sacré. Je n'attends qu'une chose : que ceux qui travaillent pour détruire le 1er mai soient sanctionnés. C'est le seul jour de l'année qui est pour nous. Honte à ceux qui font travailler leurs salariés."
Pour Laurent, cette date est un rite : "C'est le jour où l'on met les ouvriers en valeur. C'est le seul jour obligatoirement chômé et payé. Il faut en finir avec cette volonté de vouloir, à toute force, faire disparaître des acquis sociaux. Avec la période d'incertitude généralisée, il y a bien d'autres sujets plus importants à mettre sur la table."
Le coût de la vie en toile de fond
Nélya, qui travaille dans une grande enseigne de boulangerie, n'a pas travaillé ce vendredi, contrairement à ses collègues. Elle est remontée : "Je ne suis pas syndiquée et c'est rare que je manifeste. Mais sincèrement, alors que c'est de plus en plus cher de venir de Bédarieux à Béziers avec le prix du diesel qui ne cesse de monter, je trouve que l'on se trompe de priorité. Notre patron ne nous donne pas de prime pour le plein. Demander des avances sur salaire, on peut, mais pas tout le temps et pas pour la voiture. Alors, laissez-nous notre 1er mai. Ne provoquez pas des conflits inutiles. Le 1er mai, on se repose. Point."



