Des volontaires russes apprennent le français à Bergerac pour s'intégrer en France
Volontaires russes apprennent le français à Bergerac

Des volontaires russes apprennent le français à Bergerac pour s'intégrer en France

À Bergerac, ce mercredi après-midi de mars, comme chaque semaine depuis plus de cinq mois, deux jeunes Russes, Danil et Kristina, se retrouvent dans les locaux de l'Association d'échange culturel, située au 26 rue Saint-Esprit. Leur objectif est clair : maîtriser la langue française, un pas essentiel vers leur intégration dans leur pays d'accueil.

Un parcours international motivé par la découverte culturelle

Danil, âgé de 24 ans, est arrivé en Périgord en septembre 2025 pour un volontariat international à Cause-de-Clérans. Il a été inspiré par le témoignage d'un ami ayant vécu une expérience similaire. « On apprend à vivre ensemble, il y a des personnes qui viennent des Pays-Bas, de Turquie, de France », explique-t-il en anglais, ajoutant qu'il est « intéressé par la découverte de nouvelles cultures ». Bien que débutant en français, il consigne scrupuleusement chaque nouveau mot dans un carnet, avide de connaissances.

En face de lui, Jean-François Durand, bénévole depuis cinq ans, l'aide à répéter le vocabulaire du quotidien, comme « déjeuner », « passoire » ou « cuillère », en insistant sur les sons difficiles. Danil confie que « le plus difficile, c'est la prononciation et les nombres », mais sa détermination ne faiblit pas.

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Kristina et ses ambitions cinématographiques en France

Dans une autre pièce, Kristina, 25 ans, également volontaire venue de Russie, travaille les subtilités du plus-que-parfait avec Claude Barjonet, ancien journaliste et bénévole. Son niveau de français est plus avancé, fruit de sa passion pour la langue. « J'adore le français. C'est la troisième fois que je viens en France », témoigne-t-elle. Ayant interrompu ses études en ingénierie, elle nourrit un projet ambitieux : « apprendre le cinéma en France » et passer un examen à la fin de l'année.

La langue, moteur essentiel de l'intégration

Danil et Kristina rentreront en Russie en septembre, à la fin de leur volontariat, mais aspirent à s'installer durablement en France. Ils ont quitté leur pays en partie à cause de la guerre, trouvant en France un environnement plus serein. Kristina observe que « les gens sont plus heureux ici », tandis que Danil note en souriant qu'il « fait plus chaud ici ».

Gilbert Morales, bénévole de l'association, souligne l'importance cruciale de la langue dans ce processus : « Le moteur de l'intégration, c'est la langue. Si vous ne la maîtrisez pas, vous êtes marginalisés, vous ne pouvez rien faire ». Il insiste sur la valeur des cours individuels, qui permettent de s'adapter aux niveaux variés des apprenants.

Une association au service de l'échange et de la solidarité

L'Association d'échange culturel, fondée il y a presque trente ans, a accompagné plus d'une centaine de personnes depuis sa création. Elle propose non seulement des cours de français, mais aussi de l'aide aux devoirs pour les élèves du primaire au lycée, notamment les enfants de parents immigrés, les mercredis après-midi.

La structure est ouverte à de nouveaux bénévoles de tous horizons, offrant un accompagnement personnalisé avec des cours adaptés aux besoins. Les bénéficiaires contribuent par une cotisation annuelle de 20 euros. Les bénévoles, unis par l'amour des langues, partagent aussi des moments d'apprentissage mutuel, comme Claude qui suit des cours de russe pour « faire travailler sa mémoire ».

Cette initiative illustre comment l'apprentissage linguistique peut devenir un pont vers l'intégration, favorisant des échanges enrichissants entre cultures et générations au cœur du Bergeracois.

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