Thomas Sorel, hémiplégique, parcourt l'Europe en tricycle électrique
Thomas Sorel, hémiplégique, voyage en tricycle électrique

Thomas Sorel, l'aventurier hémiplégique qui défie les limites

Thomas Sorel, originaire de Reims, a choisi de vivre à son propre rythme, refusant de se laisser définir par son handicap. En février 2022, il séjournait à Royan où il s'adonnait à diverses activités, du surf au char à voile, démontrant que tout est « jouable » pour peu qu'on en ait l'envie.

Une vie marquée par la différence

Thomas Sorel marche avec difficulté et son élocution est lente, saccadée. Malgré l'empathie des personnes qu'il croise, il est souvent perçu comme différent. Cependant, lorsqu'il apparaît avec son attelage singulier – un tricycle à assistance électrique tirant une longue remorque qui lui sert parfois de chambre – les regards changent. Cette remorque-lit-tente lui évite souvent de chercher un logement, bien qu'il trouve régulièrement des « samaritains » pour l'accueillir.

Thomas est hémiplégique, souffrant d'une paralysie partielle du côté droit suite à un accident à l'accouchement. Il a appris à vivre avec cette condition depuis toujours. « Gamin, dans la cour d'école, je jouais au foot avec les autres », raconte-t-il, soulignant qu'il a toujours essayé de faire « comme les autres », tout en étant conscient de ses limites physiques.

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La volonté comme moteur

À sa naissance, les médecins ont prononcé un pronostic sombre, prédisant qu'il serait dépendant toute sa vie. « Les premiers mots du médecin à mes parents, c'est que je serais un légume, qu'il faudrait tout faire à ma place. Mes parents, eux, m'ont poussé à faire, au contraire. Après, c'est une question de volonté… », explique Thomas. Il s'est attelé à maîtriser des gestes simples comme faire ses lacets ou enfiler ses boutons de pantalon, même s'il concède en riant avoir abandonné les chemises.

Son rire franc et communicatif éclate souvent, témoignant d'une joie de vivre contagieuse. Hormis ces petits défis quotidiens, rien ne lui semble impossible. À l'adolescence, il rêvait de faire du football, mais on lui a fait comprendre que cela serait compliqué. Pourtant, pour lui, tout est « jouable ».

L'aventure en tricycle électrique

Thomas Sorel a transformé cette philosophie en mode de vie. « Depuis ma naissance, quand je veux faire quelque chose que je ne peux normalement pas faire, je trouve toujours un moyen. Il y a toujours un moyen ! », affirme-t-il. Il a travaillé comme animateur auprès d'enfants et a entrepris un périple de trois mois en Colombie à pied il y a quatre ans.

Il y a plus de deux ans, il a acheté un tricycle à assistance électrique et aménagé une remorque pour en faire un abri. Son premier objectif était de parcourir l'Europe. « Le tricycle, j'ai découvert ça quand j'avais 23 ans. Avant, je devais marcher ou prendre le bus, mais j'en avais marre de rater le bus », raconte-t-il dans un nouvel éclat de rire. Bien qu'un vélo à deux roues lui soit inaccessible, il a trouvé dans ce tricycle une solution adaptée.

Découvertes et rencontres à Royan

Son premier raid européen a été interrompu par la pandémie de Covid-19 après neuf mois et 3 000 kilomètres à travers la France. Mais Thomas est reparti, et sa route l'a mené à Royan. Là, il a rencontré Ismaël Guilliorit via l'association Vagdespoir, qui œuvre depuis quinze ans pour rapprocher valides et personnes handicapées.

En janvier, Ismaël lui a fait découvrir le bodyboard. « J'ai kiffé ! », s'exclame Thomas. Depuis, il est resté sur la Côte de Beauté, profitant de l'occasion pour essayer le char à voile, accumulant ainsi sensations fortes et émotions.

Prendre le temps de vivre

À 36 ans, Thomas Sorel partage ses aventures sur les réseaux sociaux, mais avec parcimonie. Il préfère « prendre son temps », éviter le rythme effréné de la vie moderne. « Je veux vivre l'aventure, regarder les paysages que je traverse, rencontrer des gens plutôt qu'être collé sur mon téléphone à chaque instant pour rendre compte », confie-t-il.

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Son état d'esprit et ses prouesses physiques sont admirables. Pourtant, Thomas reste modeste : « Oh, je dis souvent aux gens, si je peux le faire, tout le monde peut le faire. Il suffit d'en avoir envie… ». Son histoire inspire, montrant que les limites sont souvent celles que l'on s'impose.