Le bois de Cabiros résonne du bruit des tronçonneuses
Les « RRRRRRR » des tronçonneuses rythment désormais les journées du bois de Cabiros, à Landiras. Même Arik, le chameau du refuge pour animaux, observe avec curiosité ces machines qui débittent les dizaines d'arbres abattus par les rafales violentes de la tempête Nils. Sur l'allée sableuse menant au parc animalier de Sud-Gironde, les places de stationnement se font rares, témoignant de l'afflux de bonnes âmes venues prêter main-forte.
Une mobilisation impressionnante et spontanée
Un paquet de bénévoles, des environs ou de beaucoup plus loin, est venu filer un précieux coup de main ce week-end au sanctuaire pour animaux rescapés, balayé dans la nuit de mercredi à jeudi. « Demain [dimanche], nous aurons même un groupe originaire du Lot ! » sourit Patrick Meng, le gérant, qui fait contre mauvaise fortune bon cœur : « Au moins, cela nous offre une belle chaîne de solidarité. » La reconstruction de certains enclos, ravagés par la chute des pins, attendra. Place au déblayage, au nettoyage et à une sécurisation temporaire des lieux.
« Là, il y avait des arbres partout, c’est devenu une espèce de no man’s land », reprend Patrick Meng, montrant du doigt un bout de forêt dévasté. Le bilan animalier, bien que tragique, aurait pu être bien plus lourd : deux animaux, parmi les 300 que compte le refuge, ont péri lors du passage de la tempête – un pigeon et un mouton – et deux cerfs sont en cavale. L'association, lancée en 2019 et dédiée à la protection et réhabilitation d'animaux sauvages en détresse, récupère également des animaux de parcs zoologiques ou suite à des décès de particuliers.
Un parc dévasté à 80% par les vents violents
Lors des grands incendies de l'été 2022, le refuge avait créé une brigade de secours faune sauvage, parvenant à sauver 165 animaux. Les flammes n'avaient pas léché le parc, au contraire du souffle de Nils qui en a dévasté 80%, mesure au doigt mouillé son gérant. Non loin de belles vaches Highland aux longs poils, un groupe de bénévoles s'active avec détermination. Beaucoup sont venus avec leur propre tronçonneuse, comme cet habitant de Béguey, un village situé à quelques kilomètres, ou cet autre ayant fait une heure de route.
Un Mérignacais, alerté par les réseaux sociaux et ne travaillant pas dans le domaine animalier, confie : « Je suis comptable ! Toute la semaine, je suis dans un bureau… Venir ici, cela fait du bien, de travailler au grand air. Et puis, ces événements climatiques finalement, ça rassemble et crée de la solidarité. » Des dizaines d'arbres ont vacillé sous l'effet de la tempête dans la nuit de mercredi à jeudi, nécessitant une intervention massive.
La reconstruction nécessitera un soutien financier crucial
La solidarité continuera d'être indispensable. Si le refuge se relève doucement, il va aussi falloir qu'il se remplume financièrement. Tout refaire dans les normes pourrait coûter autour de 30 000 euros. « Nous n'avons pas les reins assez solides pour financer toute cette reconstruction », explique Patrick Meng, qui a lancé une cagnotte afin de collecter des fonds. « Nous allons également avoir besoin de travers de bois ou de la tôle de bardage pour reconstruire des enclos. Pour poursuivre notre mission, il va falloir nous aider. »
Des particuliers des environs ou de beaucoup plus loin continuent de prêter main-forte depuis jeudi, aidant à déblayer et débiter les arbres tombés lors de la tempête Nils. Cette mobilisation humaine illustre une résilience collective face aux aléas climatiques, tandis que le refuge, symbole de protection animale, lutte pour sa survie et sa reconstruction.



