Lancée en mars dernier pour couvrir l'actualité de l'île de Ré, la radio associative Rédio Sillon fait face à un refus de financement de la part de la Communauté de communes. Pourtant, depuis son lancement sur le web le 9 mars, la station a déjà enregistré 540 000 vues sur Facebook, plus de 800 téléchargements de son application et une centaine d'auditeurs en moyenne par jour.
Un engagement bénévole
Le lundi matin, dans le petit studio d'Ars, Line porte la voix de l'antenne. Cette jeune saisonnière travaille le reste de la semaine et consacre son jour de repos à sa passion : la radio. Un engagement bénévole qui symbolise l'esprit de la radio associative. Portée par trois passionnés, la station est présidée par l'Arsaise Marie-Françoise Feret-Petre. Le trésorier Daniel Picamoles assure le secrétariat et le terrain tout en finançant la radio sur ses deniers personnels. Le journaliste chevronné Léonard Odier complète le dispositif.
Une programmation variée
Les directs de Léonard Odier débutent par la matinale de 6 à 9 heures, suivie de l'agenda de 10 à 11 heures et des slows de 22 heures à minuit. À venir, une tranche horaire de midi à 14 heures, ouverte aux associations du territoire. À noter que Rédio Sillon postule sur le DAB+ de La Rochelle, où trois places devraient se libérer, selon Léonard.
Zéro subvention
Le 30 avril, lors du dernier conseil communautaire, l'enthousiasme du trio a été douché lors du vote des subventions. Tout a commencé lorsque Gérard Juin, élu minoritaire, a allumé la mèche en s'interrogeant sur le fait qu'une radio qui était intervenue durant la campagne des élections municipales puisse être légitimement subventionnée par une collectivité. Pour rappel, la radio associative avait ouvert l'antenne à tous les candidats se présentant aux élections municipales afin de présenter leur programme, avec des podcasts en ligne. Trois candidats n'avaient pas répondu à l'invitation : Gérard Juin, Jean-Paul Héraudeau et Alain Pochon.
Le ton était donné. Lionel Quillet, ancien président et aujourd'hui conseiller minoritaire, a brandi le spectre de l'illégalité en invoquant les jurisprudences de 2004 (Sorgues), 2014 (Bergerac) et celle du Conseil d'État relative à un refus de subventions à un média associatif pour des faits de propagande ou de prosélytisme.
Si Rédio Sillon espérait un coup de pouce substantiel de 35 000 euros, la subvention avait été fléchée sur le papier vers une aide plus modeste de 1 000 euros. Mais même ce petit billet a fini par s'envoler. Dans une formulation tout en précision sémantique, le président Jean-Paul Héraudeau a tranché : « Je propose d'enlever, sur proposition de notre collègue le maire de Loix, la subvention de 1 000 euros à Rédio Sillon. »
Pour Lionel Quillet, le soutien à une radio associative ne doit pas passer par des subventions mais par d'autres voies comme l'achat d'espaces publicitaires ou de prestations de communication, une manière de rester dans les clous tout en tendant la main. Dans le studio d'Ars, on accuse le coup. Entre les textes de loi annoncés ne les concernant pas selon eux, puisque neutres durant la campagne électorale, le sillon est étroit pour faire vivre l'information locale.



