André Lacote, propriétaire solidaire à Bordeaux, loue ses studios aux plus démunis
Propriétaire solidaire à Bordeaux : des studios pour les plus démunis

Un retraité bordelais s'engage contre la précarité

André Lacote, retraité installé à Bordeaux depuis 2017, a fait le choix de louer ses deux studios de l'agglomération bordelaise à des personnes en grande précarité via le dispositif propriétaire solidaire de l'association Habitat et Humanisme. « J'aime dire qu'on ne peut pas changer hier, mais qu'on peut accompagner demain », confie-t-il avec conviction.

Un engagement né d'une prise de conscience

« J'habite non loin d'une résidence universitaire à Talence et je vois des étudiants dormir dans leurs voitures. Je me demande comment je pourrais m'en sortir si je devais me retrouver à la rue », poursuit André Lacote. De façon modeste, je souhaitais porter quelques valeurs humaines et être un vrai maillon de la chaîne, explique-t-il. Comme lui, ils sont 70 propriétaires solidaires en Gironde, précise Bruno Martin, président d'Habitat et Humanisme Gironde, à apporter de l'espoir à des personnes pour qui, à un moment donné, tout semblait perdu.

Un dispositif qui va au-delà de l'urgence

Ces logements ne sont pas des hébergements d'urgence. « Ils sont une solution que l'on apporte aux personnes qui n'ont pas la possibilité de se reconstruire tout en garantissant aux propriétaires que les loyers ne soient jamais impayés », résume Bruno Martin. L'association examine chaque dossier et fait passer un double entretien par les travailleurs sociaux et les bénévoles. Les candidats qui ne souhaitent pas bénéficier de notre accompagnement ne passeront pas la commission qui attribue une évaluation finale, complète le président.

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Plusieurs options de gestion pour les propriétaires

En détail, un propriétaire solidaire peut :

  • Confier la gestion de son bien à une Agence immobilière à vocation sociale d'Habitat et Humanisme qui prend en charge l'intégralité de la gestion
  • Louer ou sous-louer son logement à l'association, qui devient alors locataire en titre

De manière générale, les locataires restent en moyenne entre trois et quatre ans. « Nous signons des baux classiques avec les propriétaires qui, à la date anniversaire, peuvent donner six mois aux locataires avant un congé » — qu'ils souhaitent vendre ou simplement récupérer le bien pour un proche.

Des critères stricts pour garantir la qualité

« Or, on a deux critères essentiels », prévient Bruno Martin :

  1. L'habitat ne doit pas être une passoire thermique, avec un DPE ne dépassant pas la note D, voire exceptionnellement E
  2. Le montant du loyer reste en moyenne aux alentours de 10 euros le mètre carré car le poids du logement ne doit pas dépasser les 33% des revenus

Le président de l'association assure également qu'adhérer au dispositif permet de bénéficier d'avantages fiscaux, avec une réduction d'impôt sur le revenu de 15 à 65% grâce au dispositif d'État Loc'Avantages.

Un public majoritairement âgé et en grande difficulté

Pour ce qui est de la moyenne d'âge des bénéficiaires du dispositif, cette dernière se situe entre 50 et 60 ans. « Nous avons peu de jeunes de moins de 30 ans », note Bruno Martin tout en relevant que les revenus des locataires sont en dessous du seuil de pauvreté. L'Insee rappelle que ce dernier est fixé à 1 288 euros par mois pour une personne seule.

Une action qui s'étend en Gironde

Aujourd'hui, Habitat et Humanisme Gironde accompagne au total 160 ménages, soit 340 personnes dont un tiers d'enfants. Bien que l'association soit principalement connue pour son action dans la métropole bordelaise, elle intervient également en Sud-Gironde, notamment à Bazas, en passant par l'Entre-deux-Mers où un appel aux propriétaires solidaires est lancé.

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Des projets en collaboration avec les collectivités

Lorsque le foncier reste propriété des Villes, Habitat et Humanisme dispose d'une résidence intergénérationnelle à Talence, réalisée dans le cadre d'un bail à réhabilitation de soixante ans conclu avec la Ville. « On travaille main dans la main avec les CCAS et les collectivités », précise Bruno Martin. À Bordeaux, le dernier projet concerne les Chartrons, avec 16 logements destinés à des personnes en grande difficulté. « On a signé une promesse et on espérait obtenir le permis avant les municipales », commente le président de l'association, qui dit avoir espoir de voir les travaux démarrer en octobre 2026.