L'occitan en grand danger : des militants rebaptisent symboliquement Montpellier en "Montpelhièr"
Pour alerter sur la disparition progressive de l'occitan, plusieurs associations culturelles ont mené une action symbolique ce vendredi 13 mars à l'entrée de Montpellier. Elles ont temporairement remplacé le nom de la ville par sa version occitane : "Montpelhièr".
Une mobilisation sous les drapeaux occitans
Sous plusieurs drapeaux occitans rouges et or, une quinzaine de militants se sont rassemblés devant un panneau d'entrée de ville modifié pour l'occasion. Sur celui-ci, le nom français Montpellier avait été remplacé par Montpelhièr, sa forme authentique en occitan. Cette action symbolique a été orchestrée par le collectif Montpelhièr l'Occitana, déterminé à alerter l'opinion publique sur la situation préoccupante de cette langue régionale.
Selon les associations à l'origine de cette initiative, l'occitan est aujourd'hui classé "en grand danger" de disparition par l'Unesco. "Il s'agit pourtant de la langue et de la culture originale de ce territoire", rappellent les organisateurs, qui dénoncent la place encore très marginale de l'occitan dans l'enseignement et dans l'espace public montpelliérain.
La visibilité dans la ville : un enjeu essentiel
Pour les défenseurs de l'occitan, rendre visible la langue dans l'espace urbain constitue un enjeu fondamental, particulièrement pour les jeunes générations qui l'apprennent dans les filières bilingues ou dans les écoles immersives comme les Calandretas. "Les enfants doivent pouvoir voir la langue en dehors de l'école. C'est essentiel pour qu'elle reste vivante et qu'elle ne soit pas cantonnée aux salles de classe", expliquent-ils avec conviction.
Plusieurs acteurs majeurs de la culture occitane ont participé activement à cette mobilisation symbolique :
- Pierre-Luc Angles et Sébastien Loesner, coordinateurs du collectif Montpelhièr l'Occitana
- Alain Bessière du Cercle occitan de Montpelhièr
- Amaia Cormier du collègi-licèu Cordas Leon Còrdas
- Guillaume Soulet, président de la Calandreta Candòla
- Bruno Cecillon de Radio Lenga d'Òc
- Joan-Lois Blenet du théâtre La Rampe TIO
Ces militants étaient accompagnés de nombreux parents d'élèves engagés dans la préservation de leur patrimoine linguistique.
Une urgence culturelle et patrimoniale
À travers ce geste fort et symbolique, les associations souhaitent rappeler l'urgence d'une mobilisation plus large pour préserver un patrimoine linguistique et culturel qu'elles jugent aujourd'hui sérieusement menacé. "Après, il sera trop tard...", avertissent-ils, soulignant la nécessité d'actions concrètes pour maintenir vivante cette langue historique du sud de la France.
Cette action s'inscrit dans un contexte plus large de défense des langues régionales en France, où l'occitan, parlé traditionnellement dans un tiers du territoire national, fait face à un déclin préoccupant malgré les efforts de revitalisation entrepris ces dernières décennies.



