Municipales 2026 à Montpellier : le secteur des solidarités monte au créneau
À l'approche des élections municipales de 2026, le secteur associatif de Montpellier et de l'Occitanie refuse de rester dans l'ombre. L'Uriopss Occitanie, fédération régionale qui rassemble plus de 900 structures, a présenté un plaidoyer ferme destiné aux futurs candidats à la mairie de Montpellier. L'objectif est clair : inscrire durablement les politiques de solidarité au cœur des programmes électoraux et reconnaître le rôle indispensable des associations auprès des publics les plus fragiles.
« Les solidarités doivent être intégrées aux programmes »
Guillaume Fritschy, directeur de l'Uriopss Occitanie, ne mâche pas ses mots. « Les solidarités doivent être intégrées aux programmes des candidats », insiste-t-il avec force. Il déplore que ce secteur soit trop souvent « le parent pauvre du débat politique », alors qu'il représente un véritable trésor pour la collectivité. L'organisation qu'il dirige fédère plus de 105 associations sur le territoire montpelliérain et génère environ 107 000 emplois dans toute la région Occitanie.
Pour Guillaume Fritschy, les politiques visant à soutenir les personnes vulnérables – qu'il s'agisse d'accessibilité, d'autonomie ou de santé – profitent en réalité à l'ensemble de la population. « La problématique de la santé ne se règle pas dans l'urgence mais grâce au travail quotidien de toutes ces associations », affirme-t-il, soulignant ainsi la nécessité d'une action pérenne et structurée.
Des témoignages associatifs pour illustrer les enjeux
Plusieurs responsables associatifs sont venus appuyer ce discours lors de la présentation du plaidoyer. Didier Besson, président de l'APS 34 qui emploie des éducateurs de rue dans les quartiers populaires, défend avec conviction le rôle crucial de la prévention. « La sécurité est un thème important de la campagne, mais on ne peut pas voir seulement le côté répressif. Il faut agir en amont avec les jeunes dont personne ne veut s'occuper », explique-t-il.
Cette mission devient d'autant plus complexe que son association a récemment subi une réduction de ses financements départementaux, mettant en lumière la précarité financière de nombreux acteurs du secteur.
De son côté, Nadine Alazard, représentante de l'association Adages, plaide pour une coopération renforcée avec les collectivités locales. « Il faut faire alliance avec les maires pour voir émerger les projets », déclare-t-elle, évoquant notamment les difficultés rencontrées pour obtenir des autorisations ou des permis de construire nécessaires à la concrétisation d'initiatives sociales.
Un poids économique et démocratique incontestable
Les associations rappellent également leur impact économique significatif. Delphine Maurel, directrice des Pep 34 et de la Bulle Bleue, souligne : « Nous sommes des acteurs économiques, avec de nombreux salariés mais aussi un immense réseau de bénévoles ». Selon elle, l'action de ces structures contribue activement à bâtir « un territoire inclusif mais aussi démocratique ».
Ce plaidoyer s'inscrit dans une volonté plus large de transformer la gouvernance locale. Les associations aspirent à participer pleinement à la construction d'une ville plus juste et plus solidaire, où les solidarités ne seraient plus une simple variable d'ajustement mais un pilier fondamental des politiques publiques.
Vers une prise en compte par les candidats ?
L'Uriopss Occitanie espère désormais que les futurs candidats aux municipales de 2026 s'empareront de ces propositions concrètes. La fédération appelle à un dialogue constructif et à un partenariat renforcé entre le monde associatif et les élus locaux. L'enjeu est de taille : faire des solidarités un axe majeur des programmes municipaux et reconnaître enfin la valeur inestimable du tissu associatif montpelliérain.
À travers cette initiative, le secteur des solidarités envoie un message fort : il ne sera plus invisible dans le débat public. Les associations entendent bien peser de tout leur poids – économique, social et humain – pour influencer les orientations politiques des années à venir et garantir une meilleure prise en compte des besoins des plus vulnérables.



