Lodève : une épicerie associative autogérée ouvre ses portes à la Bouquerie
Lodève : épicerie associative autogérée à la Bouquerie

Une épicerie associative autogérée voit le jour à Lodève

Une épicerie associative autogérée a officiellement ouvert ses portes à Lodève, dans l'Hérault, plus précisément dans le quartier de la Bouquerie. L'inauguration a eu lieu le vendredi 13 mars lors d'une soirée conviviale marquée par un repas partagé, après deux réunions préparatoires organisées dans la semaine. Ce nouveau commerce pas comme les autres est installé dans le prolongement du bar Le Maquis, entre le boulevard de la Bouquerie et le bas de la rue de la République.

Un projet citoyen monté en quatre mois

Le projet a été développé en seulement quatre mois par un groupe de citoyens motivés. David, l'un des membres fondateurs, explique : "Avec Raphaël qui gère le Maquis, nous avons déjà chacun participé à des épiceries citoyennes, autour de la solidarité alimentaire, lui sur Sète, moi près de Montpellier." Une première réunion en novembre dernier a permis de présenter le fonctionnement, les valeurs, l'autogestion et les objectifs de l'initiative.

Le collectif a ensuite dû trouver un local adapté pour concrétiser cette aventure. Aujourd'hui, l'épicerie compte déjà une soixantaine d'adhérents et propose une cinquantaine de produits qui garnissent progressivement ses rayons. Le modèle repose sur le principe du citoyen consommateur, où les décisions d'achat sont prises collectivement et sur proposition des membres.

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Des produits locaux à prix accessibles

L'épicerie associative a pour vocation de proposer des produits locaux de qualité, en soutien à une agriculture respectueuse de l'environnement et à l'économie locale. Les prix sont rendus accessibles grâce à l'absence de salariés et donc de marge commerciale. Le collectif est en contact avec trois boutiques de producteurs situées à Lodève et au Caylar pour assurer la pérennité de ce projet indépendant.

Laure, une adhérente engagée dès les débuts, confie : "C'est très différent que de faire ses courses dans un supermarché et en plus on s'amuse." Ici, lors des achats, aucun argent ne circule directement. Ce sont des avances qui permettent à la trésorerie de l'association de financer de nouveaux approvisionnements.

Créer du lien social à travers l'alimentation

David souligne l'importance de l'implication des membres : "La réussite de cette épicerie dépendra de ce que les gens en feront." Il reconnaît que le concept peut être déroutant au premier abord : "Au début, c'est difficile pour beaucoup d'intégrer ce concept, de faire comprendre que l'on peut se prendre en main, que l'on a un pouvoir d'action et de changement."

Mais cette initiative a aussi une dimension sociale forte. "C'est une initiative qui crée de la vie dans un quartier ou dans un village," ajoute David. "Elle montre aussi qu'on peut créer des synergies et du lien social à travers l'alimentation." L'épicerie organise régulièrement des soirées conviviales, festives et culturelles pour renforcer ces connections.

Le Maquis : un bar atypique aux multiples initiatives

L'épicerie associative est hébergée dans le prolongement du bar Le Maquis, un lieu de rencontre atypique géré depuis octobre 2025 par Raphaël, sa compagne Souad et son beau-frère Zaki. Ce bar à jus sans alcool, situé au 2 boulevard de la Bouquerie, est devenu un véritable pôle de vie dans le quartier.

Les gérants, qui sont également producteurs de CBD, travaillent autour du chanvre pour diverses applications : textile, isolation, huiles, tisanes, fleurs et résine. Raphaël explique : "Il y a plein de transformations possibles. On est déclarés comme agriculteurs." Leur bar est avant tout un espace de partage où les boissons sont faites maison, comme la spécialité Kéfir gingembre, et où les jus sont préparés à base de fruits frais de saison.

Le Maquis se distingue par plusieurs initiatives originales :

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  • Le café suspendu : les clients peuvent laisser 1 € pour permettre à une personne dans le besoin de se payer un café.
  • Collaboration avec des artisans locaux comme Emma, qui vend du pain et des viennoiseries cuits au feu de bois, ou Aloïse, pâtissière à Poujol.
  • L'opération "Viens avec ta gamelle" organisée le jeudi soir par Aurélie, où les clients apportent leur propre contenant pour emporter des plats préparés.

Le bar organise également régulièrement des événements culturels : soirées contes, ateliers de poésie interactive, soirées slam et sets DJ mensuels. Raphaël conclut : "On a ouvert ce bar pour que les gens se côtoient davantage, n'utilisent plus leur portable. Ils parlent entre eux, ils en parlent. Le lieu ressemble à ce que nous sommes."

Cette double initiative - épicerie associative et bar collaboratif - illustre une dynamique citoyenne croissante qui privilégie l'autogestion, les circuits courts et la création de lien social dans les territoires.