Jenny Ramin, des Restos du Cœur à la responsabilité du centre de Millau
Jenny Ramin, des Restos du Cœur à la responsabilité

Responsable des Restos du Cœur de Millau depuis janvier 2025, Jenny Ramin consacre une partie de son temps libre à l’accueil et à l’accompagnement des personnes en difficulté. Un engagement nourri par son propre parcours. Entre son activité de maquilleuse professionnelle, sa passion pour le chant, son récent mandat de conseillère municipale à La Cavalerie et son investissement aux Restos du Cœur, Jenny Ramin jongle avec plusieurs casquettes. « J’arrive à m’y retrouver, c’est une question d’organisation », affirme-t-elle.

Un parcours personnel marqué par la solidarité

Derrière cet engagement multiple se cache pourtant une histoire plus personnelle. Il y a une vingtaine d’années, alors qu’elle traversait une période difficile, la Millavoise d’origine a elle-même bénéficié de l’aide des Restos du Cœur. « J’ai été une personne accueillie et je me suis toujours dit qu’un jour je rendrais ce qu’on m’a donné », raconte-t-elle. Une promesse qu’elle a fini par tenir. D’abord sollicitée à l’occasion d’une collecte nationale, elle rejoint les Restos du Cœur comme simple bénévole en mars 2023. Moins de deux ans plus tard, en janvier 2025, elle intègre l’équipe de responsables du centre de Millau.

Bien plus qu’une aide alimentaire

Dans l’imaginaire collectif, les Restos du Cœur sont souvent associés à la distribution alimentaire. Une mission essentielle, mais loin d’être la seule. Accès aux soins, accompagnement administratif, soutien à la petite enfance, aide à l’insertion ou orientation vers des partenaires spécialisés : les possibilités sont nombreuses. Pour en bénéficier, il suffit de pousser la porte du centre de Millau, rue de la Saunerie. Une démarche qui reste souvent difficile à franchir. « Quand quelqu’un vient aux Restos du Cœur, ce n’est jamais facile. Les histoires personnelles sont souvent très fortes et il y a parfois un sentiment de honte ou de fierté qui empêche de demander de l’aide », indique Jenny Ramin.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

À Millau, l’association oriente également les personnes accueillies vers d’autres structures lorsque cela est nécessaire. Les ateliers de français, par exemple, sont assurés par l’association Myriade. « Chaque centre a ses spécificités. Certains proposent des chantiers d’insertion, des ateliers linguistiques ou de l’aide au logement. Cela dépend des locaux et du nombre de bénévoles disponibles », assure-t-elle.

Une activité en hausse constante

Le centre de Millau compte aujourd’hui plus de quarante bénévoles. Malgré cet effectif, les besoins restent importants. « Nous enregistrons chaque année davantage de demandes. Nous avons toujours besoin de nouvelles personnes pour nous aider », évoque la maquilleuse. Les personnes accueillies viennent généralement une fois par semaine ou tous les quinze jours. Si les profils sont très variés, certains produits sont particulièrement recherchés. « Nous accueillons des personnes âgées, des couples, des familles monoparentales, des personnes seules… Nous avons besoin de tous types de denrées alimentaires, mais aussi de produits pour bébés et de couches », précise-t-elle.

Pour répondre à ces besoins, l’association s’appuie notamment sur les collectes organisées chaque année. La collecte nationale reste un rendez-vous majeur, mais d’autres opérations sont également menées localement avec des associations ou encore des établissements scolaires. Les bénévoles sont d’ailleurs intervenus dans les écoles de Millau pour présenter les missions des Restos du Cœur et sensibiliser les plus jeunes.

Un local devenu trop petit

Si les bénévoles souhaitent développer davantage d’actions, ils se heurtent aujourd’hui à une difficulté bien concrète : le manque d’espace. « À Millau, nous sommes assez restreints. Nous sommes parfois obligés d’accueillir les personnes à l’extérieur faute de place. Nous recherchons actuellement une solution avec la mairie », explique Jenny Ramin. L’objectif serait de disposer d’un local plus vaste afin de proposer de nouveaux ateliers et renforcer l’accompagnement social.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Car les Restos du Cœur ne se limitent pas à la distribution de colis alimentaires. Le centre accueille aussi des personnes venues chercher un renseignement ou être orientées vers d’autres associations. « Au détour d’une conversation, une personne peut évoquer un problème de santé, une difficulté administrative ou une situation familiale compliquée. C’est là que nous pouvons intervenir et l’orienter vers les bons interlocuteurs. Mais cela demande du temps et une relation de confiance », souligne-t-elle.

Une manière de relativiser sur son propre quotidien

Au-delà de Millau, l’association est également présente à Saint-Affrique et à Sévérac-d’Aveyron. Un camion itinérant dessert par ailleurs plusieurs communes du Sud-Aveyron, du Larzac jusqu’au Rozier. « Tout le monde ne peut pas se déplacer. Certaines personnes préfèrent être aidées dans leur village, tandis que d’autres choisissent au contraire de se rendre ailleurs pour préserver leur anonymat. »

Pour Jenny Ramin, cet engagement reste avant tout une aventure humaine. « C’est une superbe expérience. Cela vous marque profondément et cela permet aussi de relativiser sur son propre quotidien. » Avant de lancer un dernier appel : « Il ne faut pas hésiter à venir découvrir le bénévolat, même pour une seule journée de collecte. C’est très enrichissant. On rencontre des personnes de tous horizons et parfois un simple sourire ou un échange fait du bien autant à celui qui le reçoit qu’à celui qui le donne. »