La Grande Loge Féminine de France brise le silence pour lutter contre les idées reçues
La Grande Maîtresse de la Grande Loge féminine de France, Liliane Mirville, a été invitée samedi 21 février par la loge périgourdine Les Trois Roses à s'exprimer sur la franc-maçonnerie au féminin. Cet événement public, organisé à Périgueux, visait à faire connaître cette obédience et à combattre les préjugés persistants qui l'entourent. Liliane Mirville a fermement assuré que l'organisation n'est « ni une secte, ni un club », insistant sur son engagement en faveur de l'ouverture et de la transparence.
Une conférence publique pour démystifier la franc-maçonnerie féminine
Cette conférence s'inscrit dans le cadre des célébrations des 80 ans de la Grande Loge féminine de France, où des personnalités maçonniques répondent aux questions des profanes. Liliane Mirville a expliqué que l'obédience, fondée en 1952, est aujourd'hui la plus grande et la plus ancienne obédience féminine au monde, avec 450 loges et 13 000 sœurs. Elle connaît une croissance notable grâce à environ 800 initiations annuelles, témoignant d'un intérêt croissant pour ses valeurs.
Des valeurs de tolérance et des actions sociales concrètes
La Grande Loge féminine de France met en avant des principes de tolérance, de solidarité et d'engagement social, sans affiliation politique ou religieuse. Ses actions incluent :
- Des collectes de dons pour un fonds de dotation soutenant les femmes sans-abri.
- Des aides aux populations touchées par les catastrophes climatiques.
- Un travail en faveur du bien commun et des interventions auprès des institutions nationales.
Liliane Mirville a souligné que les sœurs, terme utilisé en référence aux frères d'autres obédiences comme le Grand Orient de France, cherchent à partager « le destin d'une femme ordinaire avec une exigence en plus ».
L'initiation et le secret : des aspects intimes préservés
L'initiation reste une étape centrale, entourée de symboles et de mystère. Les sœurs restent discrètes sur ce rituel, car « le secret, c'est la façon dont chacune vit intimement cette initiation ». Cependant, elles souhaitent mettre en lumière leur travail quotidien plutôt que les cérémonies. La loge Les Trois Roses, créée à Périgueux en mai 1977, compte une cinquantaine de membres prêtes à accueillir de nouvelles aspirantes.
Une histoire marquée par l'indépendance et la croissance
La franc-maçonnerie féminine a émergé le 21 octobre 1945, après une période où les sœurs étaient « souchées » et dépendantes des frères francs-maçons. Liliane Mirville a expliqué que leur rôle était alors limité à la bienveillance, les poussant à prendre leur indépendance. Aujourd'hui, la Grande Loge féminine de France continue de se développer, avec des loges supplémentaires à Bergerac et Sarlat, tout en maintenant un devoir de discrétion sur certains aspects de leur pratique.



