Devoir de mémoire : l'Ulacm prête pour le 8-Mai à Menton
Devoir de mémoire : l'Ulacm prête pour le 8-Mai

Vendredi, la sonnerie aux morts et la Marseillaise retentiront dans toutes les communes de France pour commémorer le 8-Mai, date qui célèbre la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie il y a 81 ans. À l’est des Alpes-Maritimes, l’Union locale des associations de combattants et de victimes de guerre du Mentonnais (Ulacm) sera sur tous les fronts. Menton, Roquebrune puis dans l’arrière-pays le lendemain, pour perpétuer le devoir de mémoire. Une mission essentielle à l’heure où les témoins de l’Histoire disparaissent.

« Aujourd’hui, beaucoup d’entre eux ne sont plus là pour en parler. Nous essayons d’assurer la continuité », résume son président, le Major Hervé Dellerba. Ce militaire à la retraite, ancien contrôleur aérien et vétéran de plusieurs opérations extérieures, a pris la tête de l’Ulac en 2022 après avoir présidé la Médaille militaire. Il coordonne neuf associations patriotiques et environ 80 cérémonies par an, avec seulement dix porte-drapeaux dont la moyenne d’âge dépasse 80 ans.

La transmission aux jeunes, un enjeu crucial

Interrogé sur la difficulté à transmettre le devoir de mémoire, Hervé Dellerba explique qu’« il y a une génération qui a oublié d’en parler. Ceux qui ont fait la Seconde Guerre mondiale n’ont pas commencé à raconter ce qu’ils ont vécu dès la fin de la guerre. Ils ont gardé cela pour eux pendant un temps. Et quand ils ont commencé, ils étaient déjà âgés. Aujourd’hui, beaucoup d’entre eux ne peuvent plus parler. »

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L’association intervient dans les écoles, notamment auprès des CM1-CM2 à Roquebrune pour le 8-Mai. « On transmet leurs récits, on parle de nos propres expériences, du patrimoine… Les échanges sont très vivants », précise-t-il. Il cite l’exemple de sa petite-fille de 17 ans, porte-drapeau depuis un an, la plus jeune du Mentonnais.

Des actions pour les blessés en Opex

Depuis 2014, l’Ulacm organise des séjours pour les blessés en opérations extérieures, une première en France. « Les blessés de guerre ont longtemps dû se débrouiller seuls. Comme nous avons une région agréable, je trouvais que c’était bien de les faire venir en vacances chez nous », explique le Major. Ils passent une semaine à Menton, puis à Nice. En 2022, ils ont accueilli Cyrille Chahboune, athlète paralympique, qui a marqué les élèves par sa résilience.

Des défis pour l’avenir

Les associations d’anciens combattants peinent à recruter. « Il faudrait que les actifs se mobilisent davantage. Nos associations sont en train de mourir », alerte Hervé Dellerba. Il souligne l’importance des subventions communales : « Sans elles, nous n’existerions plus. » Pour l’instant, les communes maintiennent leur soutien, mais la baisse des effectifs et le vieillissement des membres inquiètent.

« Tous ces gens ne doivent pas être partis pour rien », conclut-il, en appelant à une prise de conscience collective pour perpétuer la mémoire des combattants.

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