Depuis janvier 2025, la section handisport de l'ASPTT de Draguignan propose une activité inédite en France : le curling fauteuil adapté aux personnes déficientes visuelles. Tous les mois, à la patinoire de La Garde, une vingtaine de participants, bénévoles et personnes handicapées, se réunissent pour s'entraîner.
Un défi relevé grâce à l'innovation
Jean-Alexandre Cappelaere, non-voyant et président de l'ASPTT, a relevé le défi lancé par Bruno Catelin, président du club de curling de La Garde. « Au départ, c'était un véritable défi, explique-t-il. Bruno nous a invités à créer une section curling fauteuil à Draguignan. J'ai accepté, mais avec des déficients visuels. Il avait des doutes, mais j'ai fait une première séance d'essai pour démontrer qu'avec les bonnes solutions, même un aveugle peut pratiquer le curling ! »
Un guidage sonore pour remplacer la vue
Le curling est un sport de précision où il faut lancer une pierre de granit de vingt kilos vers une cible située à trente mètres. Pour les déficients visuels, l'astuce réside dans un guidage sonore : un partenaire se place derrière la cible et utilise un mégaphone pour indiquer sa position, servant de repère auditif. Un deuxième accompagnant, placé derrière le fauteuil, aide à orienter le joueur. « On me dit où je suis arrivé, si j'ai tiré trop fort, pas assez fort, si je dois être plus à gauche, plus à droite. Au tir suivant, j'ajuste », témoigne Yvon Biheu, pratiquant.
Un travail d'équipe et de confiance
Nolann, étudiant en BPJEPS, accompagne les sportifs. Il s'est mis en situation en testant le curling les yeux bandés pour mieux comprendre les contraintes. « Entre une personne voyante et une non voyante, tout repose sur la confiance », souligne-t-il. Cette entraide est au cœur de l'expérience.
Vers l'inclusion et la mixité
L'objectif n'est pas encore la compétition, car les règlements fédéraux n'ont pas prévu la déficience visuelle. « Notre but est d'abord de découvrir l'activité et de montrer que l'on peut le faire », insiste Jean-Alexandre. La section accueille également des personnes en situation de handicap mental léger, comme Élodie, Aurélien et Stéphane, qui ont fait leur baptême de curling le 26 avril. « C'était un super moment de rigolade », raconte Élodie. Pour Virginie, accompagnante, « c'est l'aventure humaine qui prime ». Pari fou transformé en victoire de l'inclusion, les participants attendent déjà la prochaine saison en septembre.



