Le Club Éphémère fête ses 10 ans : un modèle associatif solide entre culture gratuite et ancrage local
Club Éphémère : 10 ans de culture gratuite et de modèle associatif réussi

Une décennie de culture gratuite au cœur des vignes

Porté par une équipe bénévole dévouée, le Club Éphémère a su forger un modèle associatif remarquablement solide, alliant une programmation culturelle foisonnante, un ancrage territorial profond et un équilibre financier précautionneux. Lors de son assemblée générale tenue samedi 14 mars, l'association a dressé le bilan d'une année anniversaire particulièrement intense, tout en esquissant les contours d'une suite plus légère mais néanmoins ambitieuse.

Une oasis culturelle unique en son genre

Véritable oasis de culture au milieu des vignes, le Club Éphémère – dont le nom contraste avec sa longévité – multiplie depuis dix ans les rendez-vous artistiques avec un mot d'ordre immuable : la gratuité. Concerts, expositions, blind tests, espace boutique mettant en valeur les produits locaux, bar associatif… Le pari osé de l'accès libre à la culture a été tenu avec constance.

Marc Lassègues, fondateur visionnaire du Club Éphémère, a ouvert son discours d'assemblée générale par un hommage appuyé aux bénévoles qui font vivre non seulement ce lieu, mais également de nombreuses autres associations locales. « Un bénévole, c'est la colonne vertébrale d'un projet… en réalité, nous formons une véritable équipe », insiste-t-il avec conviction.

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Un fonctionnement intensif et un modèle économique original

L'an dernier, l'équipe a fait tourner le lieu pas moins de 129 jours. La boutique, approvisionnée exclusivement en produits locaux, a généré près de 18 000 euros de chiffre d'affaires. « Nous achetons les produits avant de les revendre. Le système de dépôt-vente ne nous semble pas équitable pour les artisans », explique Marc Lassègues, soulignant ainsi l'éthique commerciale du projet.

Parmi les collaborations pérennes, la librairie Acacia de Libourne occupe une place de choix, avec des sélections renouvelées environ tous les deux mois en phase avec l'actualité. La thématique du moment ? « En substance, la lutte contre l'extrême droite », révèle le fondateur.

Les Grands Soirs : un événement phare assumé comme non rentable

Point d'orgue de cette année anniversaire : « Les Grands soirs », version XXL du festival maison. Sur deux jours, huit groupes se sont succédé devant une affluence record. « Nous voulions véritablement marquer le coup », résume Marc Lassègues. Si l'événement a rapporté 9 746 euros, il en a coûté 16 698. « Évidemment que ce n'est pas rentable… mais 16 700 euros pour ce que nous avons réalisé, c'est très bien ». Un choix délibéré, parfaitement aligné avec l'esprit du lieu.

Le fondateur salue notamment l'aide précieuse de l'association Confluence Rock : « Nous avons bénéficié d'un énorme coup de main, qu'il faut applaudir, car un événement de cette envergure ne s'improvise pas deux semaines à l'avance ».

Un autofinancement à 73% basé sur un principe simple

Le modèle économique du Club Éphémère est d'une clarté cristalline : « Nous ne gagnons de l'argent qu'au bar ». En l'absence de billetterie, les concerts gratuits reposent intégralement sur les consommations. En 2025, cela s'est traduit par 43 037 euros de recettes, dont 73% provenant de l'autofinancement. Le solde est assuré par des subventions et du mécénat.

Malgré les dépenses importantes liées à la célébration des dix ans, le club dégage un excédent de 1 340 euros. « Nous avons réussi à ne pas perdre d'argent, et c'est déjà une belle réussite », se félicite Marc Lassègues.

Un équilibre financier qui n'efface pas certaines frustrations

Cet équilibre précaire n'empêche pas le fondateur d'émettre quelques critiques à l'égard des institutions locales. Si la commune et l'intercommunalité ont apporté un soutien financier, Marc Lassègues déplore un manque de présence tangible : « Sommes-nous subventionnés ? Oui. Sommes-nous soutenus ? Non ».

Et d'ajouter, non sans amertume : « En dix ans, j'ai vu deux élus une seule fois à une assemblée générale… Nous aimerions aussi recevoir un mot d'encouragement, une tape dans le dos. L'argent ne fait pas tout ».

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2026 : l'année de la respiration sans renoncement

Pour l'année à venir, l'objectif affiché est de souffler sans pour autant ralentir la cadence. « Nous n'allons pas faire des folies financières », annonce prudemment Marc Lassègues, privilégiant une année plus légère. La programmation restera fidèle à l'ADN du lieu : concerts, expositions, quiz musicaux.

Moonshine ouvrira la saison en mai, suivi notamment de Fabrice Legal en juin et du retour très attendu du DJ Ben Rico en juillet. Dix ans après sa création, le Club Éphémère confirme plus que jamais sa singularité. « C'est avant tout un lieu de vie », conclut son fondateur. Un espace où l'économie sert fondamentalement le lien social, la culture partagée et l'esprit collectif.

Les prochains rendez-vous à ne pas manquer

  • Samedi 9 mai : Moonshine (rock acoustique et alternatif)
  • Samedi 13 juin : Fabrice Legal (chanson et contrebasse)
  • Samedi 4 juillet : Ben Rico (bar à vinyles)
  • Samedi 25 juillet : festival Le Grand Soir (rock en famille) avec The Ghost Towns, Alexandre Charles, Noflipe et DJ Stanbul à l'affiche