Biarritz : des restaurateurs financent un puits au Burkina Faso via leurs desserts
Dans plusieurs villes du département des Pyrénées-Atlantiques, une opération solidaire originale mobilise les restaurateurs. Depuis début avril, une vingtaine d'établissements, principalement à Biarritz, participent à l'initiative "Un dessert pour un puits". Le principe est simple : reverser une partie du chiffre d'affaires réalisé sur les desserts pour financer un projet humanitaire au Burkina Faso.
Une enseignante à l'origine du projet
Maryse Raffestin, ancienne enseignante à l'Université de Bayonne et bénévole au sein de l'ONG Les Amis des Enfants du Monde, est à l'origine de cette opération. « Je me disais que ce n'était pas possible de ne pas réussir à trouver 14 000 euros pour 270 enfants », explique-t-elle. Après deux ans de recherches infructueuses auprès d'entreprises, elle décide de changer de méthode avec un groupe d'étudiantes en licence économie-gestion. « Puisque je n'y arrive pas au niveau national, je vais essayer ici », déclare-t-elle.
Améliorer l'alimentation de 270 élèves
Le projet concerne l'école de Douré, située à 70 kilomètres de Ouagadougou, qui accueille environ 270 élèves. Pour ces enfants, le repas de midi est souvent le seul de la journée. Actuellement, faute d'accès direct à l'eau, les repas se limitent à des produits secs comme le riz ou les haricots, parfois préparés à même le sol.
L'objectif est ambitieux :
- Financer un puits équipé d'une pompe solaire
- Installer une citerne
- Créer un potager scolaire pour diversifier l'alimentation
Un mécanisme simple pour mobiliser
Pour mobiliser les restaurateurs, Maryse Raffestin a imaginé une mécanique simple : inciter les établissements à reverser une partie de leurs ventes de desserts. « Au départ, je leur proposais 50%, mais c'était trop compliqué. Aujourd'hui, chacun donne ce qu'il veut », précise-t-elle. Sur une quarantaine d'établissements démarchés, une vingtaine a accepté de participer.
Des restaurateurs engagés
Au restaurant Zou, la gérante Aude Locatelli n'a pas hésité longtemps. « J'ai fait le virement le soir même », raconte-t-elle. Habituée de l'engagement associatif, notamment avec les Restos du cœur, elle voit dans cette opération une continuité naturelle. « Le but de la restauration, c'est de donner du plaisir. Là, on ajoute du sens », estime-t-elle.
Au Bouillon Hortense, à Biarritz, le restaurateur Jérôme Bergemayou évoque une démarche en phase avec l'identité du lieu. « On est sur une cuisine accessible, tournée vers les gens. La solidarité, ça nous parle ». Il constate que les premiers retours sont encourageants : « Les gens prennent les flyers, ils sont intéressés. Et dans le contexte actuel, ça fait du bien », souligne-t-il, évoquant « un petit vent frais » dans une actualité morose.
Élargir le mouvement
Maryse Raffestin espère maintenant élargir le mouvement au-delà de Biarritz. « Sans contact direct, ça ne marche pas. Il faut aller voir les gens », constate-t-elle, déterminée à entraîner d'autres restaurateurs du Pays basque dans son sillage. Cette initiative démontre comment l'engagement local peut avoir un impact concret à l'international, en améliorant les conditions de vie d'enfants qui n'ont pas accès à l'eau potable et à une alimentation variée.



