Aymeric Lorin, un exemple d'épanouissement avec l'autisme
Dans le cadre de la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, célébrée chaque année le 2 avril, le portrait d'Aymeric Lorin, un jeune Bayonnais de 25 ans, illustre une vie riche et accomplie malgré les défis des troubles du spectre autistique (TSA). Aymeric, qui réside à Anglet depuis quatre ans, habite un studio de 24 m² dans une résidence d'habitat social inclusif dédiée aux adultes en situation de handicap. Comme environ 700 000 autres Français, il présente des particularités, notamment un rapport complexe au temps et une déficience intellectuelle qui nécessitent un accompagnement adapté.
Un parcours de vie marqué par la résilience
Né en Lituanie le 5 octobre 2000, Aymeric a été adopté à l'âge de trois ans après avoir été abandonné devant un orphelinat. Sa mère adoptive décrit cette histoire comme « une belle histoire », émue par le chemin parcouru. Dès le CP, ses parents ont identifié des signes de TSA, ce qui a conduit à une scolarité en classe Ulis (Unités localisées pour l'inclusion scolaire), un dispositif favorisant l'intégration des élèves handicapés dans des établissements ordinaires. Aymeric affirme avoir bien vécu sa scolarité, malgré quelques remarques déplacées de la part de ses pairs.
Après son enfance à Bardos et un déménagement à Bayonne en 2015, il a préparé deux CAP : agent polyvalent de restauration et assistant technique en milieu familial et collectif. Depuis 2021, il travaille comme serveur à l'Esat Caminante, intervenant dans les restaurants Alanvie à Biarritz et Bela Ttiki à Anglet. « Ça me plaît, j'aime le contact avec les clients », confie-t-il, tout en envisageant un jour de travailler en milieu ordinaire, peut-être dans le domaine de l'aviation, une de ses passions.
Le sport comme vecteur d'épanouissement
Plus encore que les avions, Aymeric est passionné de sport, une activité qui lui permet de « bouger, prendre l'air, sortir avec mes amis et m'évader ». Sa mère souligne qu'il « transcende son handicap grâce au sport ». Parmi ses nombreuses disciplines, le ski se distingue particulièrement : en 2019, il a rejoint le pôle France de paraski alpin adapté, entamant une carrière prolifique. Il a remporté deux médailles d'or aux championnats de France et a participé à trois championnats du monde Virtus entre 2023 et 2025, finissant troisième au slalom à Zakopane, en Pologne.
En mars dernier, Aymeric a décidé de tourner une page sportive en arrêtant le ski de haut niveau pour se lancer dans le tennis. « Je me débrouille déjà bien », déclare-t-il avec optimisme. Dans dix ans, de nouvelles médailles pourraient bien rejoindre celles qui ornent déjà le mur de son studio, symbolisant son engagement et sa persévérance.
Un accompagnement essentiel pour une vie autonome
Sous curatelle renforcée pour la gestion de ses finances, Aymeric bénéficie d'un soutien quotidien de sa mère, d'éducateurs spécialisés et d'une assistance pour ses courses. Il reconnaît que la vie serait plus compliquée sans ces aides, mais cela ne l'empêche pas de s'épanouir. « Je vis très bien avec mon autisme, je suis heureux », affirme-t-il, démontrant que l'inclusion et le soutien adapté peuvent mener à une vie pleine et satisfaisante.
Cette histoire met en lumière l'importance de la sensibilisation à l'autisme et des initiatives d'inclusion, tout en célébrant les réussites individuelles qui inspirent la communauté.



