Asalée placée en redressement judiciaire, les infirmières en attente de leurs salaires
Asalée en redressement judiciaire, salaires impayés

Asalée placée en redressement judiciaire, une crise financière qui frappe 2000 infirmières

L'association Asalée, qui emploie environ 2000 infirmières sur l'ensemble du territoire français, a été officiellement mise en redressement judiciaire à l'issue d'une audience tenue vendredi au tribunal des affaires économiques de Paris. Cette décision, annoncée par Me Thomas Hollande, avocat du comité social et économique de l'association, intervient après des mois de tensions financières et de conflits avec les pouvoirs publics.

Une direction écartée, des administratrices judiciaires nommées

Le tribunal a pris la mesure radicale de mettre à l'écart la direction actuelle de l'association. La gestion est désormais confiée à deux administratrices judiciaires, Me Hélène Bourbouloux et Me Alexandra Blanch, nommées pour piloter cette période de transition critique. Cette décision vise à assurer une gestion transparente et à résoudre la crise des salaires impayés.

L'urgence du paiement des salaires de mars

Selon Me Thomas Hollande, l'enjeu principal est désormais d'obtenir très rapidement le paiement des salaires de mars. En effet, l'association avait cessé de verser les rémunérations depuis le 6 mars dernier, plongeant de nombreuses infirmières dans une situation financière précaire. La direction de l'association, sollicitée par l'AFP, n'était pas immédiatement joignable pour commenter cette situation.

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Un conflit prolongé avec la Caisse nationale d'assurance maladie

Créée en 2004, Asalée emploie des infirmières qui travaillent aux côtés de médecins libéraux pour le suivi des patients atteints de pathologies chroniques, comme le diabète. Cependant, l'association est depuis des mois en conflit ouvert avec les pouvoirs publics et la Cnam, son unique financeur à hauteur de 100 millions d'euros par an. Les relations se sont dégradées, et la Cnam n'a rien versé depuis décembre, exacerbant les difficultés financières.

Les syndicats saluent la décision du tribunal

Dans un communiqué, la CFDT Santé-Sociaux s'est félicitée de la décision du tribunal des affaires économiques. Le syndicat a déclaré : Les salarié·es devraient rapidement bénéficier de la garantie sur les salaires (AGS) et ainsi recouvrer dans des délais réduits les sommes dues par leur employeur. Cette réaction souligne l'espoir d'une résolution rapide pour les infirmières affectées.

Un rapport sévère de l'Inspection générale des affaires sociales

En juillet, le gouvernement avait demandé instamment à l'association de remettre en ordre sa gestion et son organisation, suite à un rapport particulièrement sévère de l'Igas. Thomas Fatôme, directeur général de la Cnam, avait alors pointé du doigt les manquements : Plus de six mois après la remise du rapport de l'Igas, nous ne pouvons que constater que l'association n'est pas à jour du paiement de ses cotisations sociales, ne s'est pas mise en situation de respecter les règles élémentaires de la commande publique comme celles liées à la prévention des conflits d'intérêts.

Le redressement judiciaire était attendu après la cessation de paiements annoncée le 6 mars. Cette procédure marque un tournant dans la gestion de l'association, avec l'objectif prioritaire de sécuriser les emplois et les salaires des 2000 infirmières, tout en rétablissant la confiance avec les financeurs publics.

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