Anciens combattants d'Alès : transmettre la mémoire aux jeunes générations
Anciens combattants : transmettre la mémoire aux jeunes

La transmission de la mémoire : une urgence pour les anciens combattants d'Alès

Ce mercredi 28 janvier, la salle Alès-Cazot a accueilli une rencontre particulièrement significative. Les anciens combattants et combattantes de la ville se sont réunis pour partager la traditionnelle galette des rois, mais cette convivialité masquait une préoccupation bien plus profonde. L'événement a rapidement pris la dimension d'un plaidoyer vibrant pour la transmission de la mémoire aux jeunes générations.

Un contexte international qui inquiète

Pierre Martin, adjoint au maire chargé des anciens combattants, a ouvert les échanges en soulignant l'importance de ces moments de partage. "En ces moments un peu perturbés, c'est important d'avoir un moment convivial", a-t-il déclaré. Une inquiétude partagée par le maire d'Alès, Christophe Rivenq, qui a insisté sur la nécessité de ne pas garder la mémoire entre initiés. "Il ne suffit pas de se réunir entre nous, il faut transmettre", a-t-il martelé, rappelant sa propre expérience comme officier durant la guerre du Golfe.

Témoignages poignants et visions contrastées

Les témoignages des anciens combattants ont révélé des expériences et des perspectives très différentes :

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  • Henri, appelé en Algérie en 1956, a livré un récit sans concession. "La guerre, ça ne vous apporte rien", a-t-il affirmé avec amertume. "Ça ne nous a rien apporté, ça nous a pris notre jeunesse". Son message aux jeunes générations est clair : la guerre n'a rien d'un récit héroïque.
  • Roger Bogdanski, ancien président du Comité alésien du Souvenir Français, a alerté sur une réalité préoccupante. "Depuis le début de janvier, dix combattants sont partis", a-t-il annoncé, soulignant l'urgence de transmettre le relais. Pour lui, la solution passe par la jeunesse : "Le plus important aujourd'hui, c'est de prendre les jeunes pour les amener aux commémorations".
  • Laurent, ancien légionnaire, défend une vision plus engagée. "Il faudrait beaucoup plus de jeunes qui se mobilisent pour la nation", estime-t-il, regrettant que les nouvelles générations soient parfois timides sur les questions d'engagement.

Des initiatives concrètes pour l'avenir

Malgré les inquiétudes, des actions concrètes sont déjà en place. Roger Bogdanski a cité l'exemple encourageant de six collèges et lycées dont 140 jeunes ont participé aux commémorations au puits de Célas en chantant le Chant des partisans. "C'est un début", reconnaît-il, tout en soulignant que cela ne constitue pas une garantie pour l'avenir.

Laurent, quant à lui, a partagé son expérience familiale : sur ses six enfants, quatre sont militaires et le cinquième s'apprête à faire une préparation militaire. "C'est leur choix. J'ai forcé personne", précise-t-il, illustrant ainsi comment l'engagement peut se transmettre naturellement.

Un appel à l'engagement citoyen

Au-delà des divergences de perspectives, un message commun émerge de cette rencontre : la nécessité de transmettre aux jeunes générations non seulement la mémoire des conflits passés, mais aussi les valeurs d'engagement citoyen. Comme l'a résumé Christophe Rivenq : "Il faut que nous préparions l'avenir de ce territoire par ces échanges".

Dans un monde où les tensions internationales persistent et où les témoins directs des grands conflits disparaissent progressivement, cette rencontre alésienne prend une résonance particulière. Elle rappelle que la transmission de la mémoire n'est pas seulement un devoir envers le passé, mais surtout une responsabilité envers l'avenir.

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