À Montpellier, l'association Albin lutte contre les clichés carcéraux par l'enseignement
Albin : des cours en prison pour lutter contre les clichés à Montpellier

À Montpellier, l'association Albin combat les préjugés sur la prison par l'éducation

Dans la région de Montpellier, une initiative citoyenne originale œuvre à transformer le regard sur le monde carcéral. L'association Albin, fondée et animée par des étudiants, des doctorants et des professeurs, s'est fixé une double mission : prodiguer des enseignements au sein des établissements pénitentiaires et sensibiliser le grand public aux réalités de l'incarcération. Cette approche vise à la fois à favoriser la réinsertion des détenus et à déconstruire les idées reçues persistantes.

Romane Debelut et Emily Descamps, deux élèves avocates à la manœuvre

À la tête de cette dynamique, on trouve Romane Debelut, présidente d'Albin à Montpellier, et Emily Descamps, secrétaire générale. Ces deux jeunes élèves avocates, passionnées par les questions de justice sociale, ont décidé de s'engager concrètement. "Enseigner en prison et faire changer le regard sur l'incarcération, ce sont des questions qui nous tiennent à cœur", expliquent-elles de concert. Leur motivation est claire : agir localement pour impulser des changements significatifs.

Des cours-conférences pour combler un vide éducatif

Albin intervient là où d'autres associations ne vont pas. "Il y a déjà des structures qui proposent des cours de niveaux collège et lycée, mais pas au-delà", souligne Emily Descamps. Pour pallier cette lacune, l'association organise depuis plusieurs mois des modules éducatifs au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone et à la Structure d'Accompagnement vers la Sortie (SAS) de Montpellier. Ces sessions, articulées en trois parties de deux heures chacune, privilégient l'échange et le débat plutôt que l'enseignement magistral traditionnel.

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Lors d'une récente intervention sur le thème de la laïcité, l'expérience s'est révélée particulièrement enrichissante. "Le public était très réactif. Les échanges étaient vraiment nourris", se réjouit Emily Descamps. Elle insiste sur le climat de respect qui a prévalu : "Tous les volontaires à ce cours étaient très respectueux. Ils étaient ravis et moi aussi, j'ai eu des retours très positifs".

Sécurité et objectifs : des précisions importantes

Face aux inquiétudes potentielles, les responsables d'Albin tiennent à rassurer. "Tout d'abord il y a un protocole de sécurité très strict. Mais à aucun moment je n'ai eu peur", affirme Emily Descamps. L'association ne se positionne pas comme une organisation militante ou politisée, mais son action n'en est pas moins ambitieuse. "L'objectif, c'est la réinsertion. Nous ne sommes pas contre l'incarcération. On arrive en complémentarité", précise Romane Debelut.

Le cœur de leur démarche repose sur une conviction forte : l'émancipation par le savoir constitue un levier essentiel pour lutter contre la récidive. "Pour nous, pour que l'incarcération puisse être utile, il faut favoriser l'accès à la connaissance", explique la présidente. En agissant à la fois à l'intérieur et à l'extérieur des murs, Albin espère contribuer à une vision plus nuancée et constructive du système carcéral.

Cette initiative montpelliéraine illustre comment l'engagement citoyen peut apporter des réponses concrètes à des enjeux sociétaux complexes. En mêlant action éducative et travail de sensibilisation, l'association Albin ouvre des perspectives nouvelles pour repenser la place de la prison dans notre société.

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