Bordeaux : 25 bars unis pour défendre la vie nocturne face aux fermetures
25 bars de Bordeaux s'unissent pour sauver la vie nocturne

Une mobilisation inédite des bars de Bordeaux pour la vie nocturne

Ils ressentent un besoin urgent de soutien et ont décidé de le crier haut et fort. Sous l'impulsion du gérant de l'établissement Les Copains d'abord, pas moins de vingt-cinq bars de Bordeaux ont décidé de faire front commun. Leur objectif est clair : sensibiliser l'opinion publique et les autorités à l'importance cruciale de la vie nocturne et culturelle pour la vitalité de la ville.

Une campagne choc sur les réseaux sociaux

Ce vendredi 20 mars, une campagne visuelle percutante a été lancée simultanément par tous ces établissements. Les publications, sur fond noir, sont barrées de l'inscription « Sauve ton bar », un slogan qui résume leur détresse et leur détermination. « Chaque bar fermé appauvrit la ville et étouffe sa culture », affirment-ils avec force dans un message commun.

Les gérants insistent sur les conséquences humaines et sociales derrière chaque rideau baissé définitivement : « des artistes qui perdent une scène, des équipes qui perdent leur travail et des habitants qui perdent un lieu de vie ». Parmi les comptoirs mobilisés dans cette action collective, on retrouve des noms emblématiques de la nuit bordelaise comme le Road House, le Carmen Bar, le Redcat, La Bande à Roro, Grand Popo, Le Fiacre ou encore Le Laboratoire.

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L'étincelle : la fermeture des Copains d'abord

L'initiative trouve son origine dans une situation personnelle devenue symbolique. L'appel part en effet des Copains d'abord, un bar situé dans le quartier Saint-Michel. L'établissement vient tout juste de subir une fermeture administrative pour nuisances sonores, la seconde en l'espace de dix ans seulement.

Bernard Labaye, le gérant, ne cache pas son amertume et son sentiment d'injustice. « Plus je fais d'efforts en direction du voisinage, plus j'ai de problèmes », peste-t-il. Il déplore un dialogue de sourds avec les pouvoirs publics : « Nous voulons retrouver du pouvoir de dialogue. À l'heure actuelle, on a juste le droit d'accepter les sanctions. »

Le coût financier est également colossal. Bernard Labaye estime à 200 000 euros le montant total des sanctions subies et des investissements consentis pour améliorer l'isolation phonique de son établissement, des efforts qui, selon lui, n'ont pas été reconnus.

Un contexte réglementaire de plus en plus strict

Cette mobilisation collective n'est pas un hasard. Elle intervient dans un contexte de renforcement significatif des contrôles acoustiques et de la réglementation encadrant les terrasses et les activités nocturnes à Bordeaux. Les professionnels du secteur ressentent une pression accrue et craignent une asphyxie progressive de leur modèle économique et de leur rôle social.

En s'unissant, ces vingt-cinq bars espèrent donc peser dans le débat public, alerter sur les risques de disparition d'un pan entier de la culture urbaine et ouvrir enfin une négociation constructive avec les collectivités. Leur message est un appel au secours, mais aussi une affirmation de la valeur économique, sociale et culturelle qu'ils représentent pour la métropole bordelaise.

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