1987 : Le voyage humanitaire unique d'une classe de Floirac en Inde
1987 : Voyage humanitaire unique d'une classe en Inde

Un voyage scolaire historique vers l'Inde en 1987

Fin février 1987, les vingt-huit élèves de troisième B du collège Yves-du-Manoir à Floirac, en banlieue bordelaise, et leurs trois professeurs sont rentrés d'un périple de quinze jours en Inde. Ce voyage, unique en France par l'âge des participants et leur inexpérience des voyages lointains, s'est transformé en une opération de solidarité remarquable.

La rencontre inoubliable avec Papan

Le projet est né du parrainage de Papan, un enfant indien soutenu depuis trois ans par la classe via l'organisation Aide et Action. "Papan avait revêtu son unique costume, il était super en bleu marine, il s'était fait une raie sur le milieu, et nous attendait, un peu timide. Un très mignon petit garçon avec les yeux qui brillent", racontait un article de l'époque. Cette rencontre a été le point de départ d'une aventure humaine extraordinaire.

Un raid sans anicroche vers Bommannagar

Le voyage a conduit le groupe dans les montagnes du sud de l'Inde, à 700 kilomètres de Madras, jusqu'au village de Bommannagar, perché à 2 200 mètres d'altitude. L'objectif était double : rencontrer Papan et construire une école financée par des sponsors. Malgré les défis logistiques, comme la perte d'un sac de couchage lors des étapes à Paris, Koweït et Ceylan, l'expédition s'est déroulée sans incident majeur.

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Les chocs culturels et la construction de l'école

Les élèves ont été frappés par les contrastes, comme la chaleur étouffante à Colombo ou la pauvreté visible à Madras. "Juste après l'aéroport, on a traversé la ville, qui est très belle, avec des grands buildings, mais ensuite il n'y avait que des toits de chaume, cela m'a choqué", témoignait Christophe Reiss, 14 ans. Le village de Papan était habité par des Intouchables, la caste la moins favorisée, et le projet visait à aider cette communauté.

Avec l'appui d'Aide et Action, les jeunes ont construit une salle de classe en deux jours, transportant les briques à mains nues sur un kilomètre et demi. "Un jour, des femmes sur le bord du chemin n'en pouvaient plus de rire, en voyant l'un des garçons pourtant assez 'baraqué' ne porter que deux briques à la fois", se souvenait Laurence Galey, 16 ans.

L'accueil chaleureux et les défis

Malgré quelques réactions hostiles de villages voisins de castes supérieures, la population a réservé un accueil exceptionnel aux jeunes Français. "Le jour de notre arrivée était organisé par eux comme un jour de fête, malgré leur dénuement", expliquait Sandra Lobéra, 15 ans. Les élèves ont participé à des cérémonies traditionnelles avec encens et camphre, mais ont aussi été confrontés à la misère, provoquant parfois des crises de larmes.

Un bilan positif et des retombées durables

Le projet a laissé un héritage tangible : l'école construite et un budget excédentaire de 20 000 francs, destiné à acheter des terres pour rendre la communauté agricole indépendante. Les sponsors, comme Total, ont salué cette initiative généreuse. Ce voyage reste un exemple inspirant de coopération et d'engagement des jeunes pour une cause humanitaire.

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