Toulon : Les graviers roulants de la place Pouyade inquiètent habitants et commerçants
La place Pouyade, cœur névralgique du quartier de la Rode à Toulon, fait l'objet de vives critiques malgré sa récente métamorphose verte. Les travaux d'aménagement, achevés à peine depuis quelques semaines après un investissement de 150.000 euros, sont pointés du doigt pour un détail qui s'avère problématique : les graviers utilisés autour des plantations.
Un projet de verdissement qui tourne au cauchemar
L'initiative municipale visait à transformer cet espace public, situé face au commissariat et au magasin Aldi, en un lieu plus agréable et verdoyant. Le béton a été retiré, remplacé par 550 m² de massifs plantés, tandis que l'aire de jeux a été entièrement rénovée. Si les habitants se félicitent globalement de ce « verdissement », l'utilisation de graviers pour entourer les arbustes et arbres crée des situations dangereuses.
« Les gravillons tombent au sol et, quand les personnes âgées passent, elles glissent dessus. Nous avons déjà évité plusieurs chutes in extremis », témoigne Stéphanie, gérante du restaurant FG, établissement apprécié du quartier.
Risques de chute et vandalisme
Le problème ne se limite pas aux risques de chute. Ces petits cailloux, qui ne sont retenus par rien, deviennent également des projectiles faciles. Plusieurs commerces du secteur ont déjà subi des dégâts.
« Des personnes ont profité de la présence de ces pierres pour les ramasser et les lancer contre les vitrines. La mienne en a fait les frais », déplore Stéphanie. « Le salon de coiffure, l'école de danse et le supermarché Utile ont également été victimes de jets de pierres. »
Maïté Panagos, présidente du Comité d'Intérêt Local (CIL) de La Rode, souligne l'urgence de la situation : « Nous demandons que la municipalité remplace ces gravillons par des copeaux de bois. C'est plus naturel et, surtout, cela n'est pas dangereux ! »
Des incidents inquiétants et un manque de transparence
Les incidents se multiplient dans le quartier. Une habitante rapporte même qu'« un automobiliste s'est retrouvé au milieu de la place car il pensait qu'il s'agissait d'une route ! Imaginez si des enfants jouaient au milieu à ce moment-là ».
Le CIL regrette par ailleurs le « manque de transparence observé tout au long de cette opération de réaménagement » ainsi que les incivilités qui en ont découlé. Les commerçants doivent en plus assumer le nettoyage quotidien de ces graviers que les services municipaux ne ramassent pas.
La mairie réagit et promet des changements
Face à ces réclamations légitimes, la municipalité a finalement pris des mesures. Dans un communiqué, elle rappelle les objectifs environnementaux du projet : lutte contre les îlots de chaleur, végétation durable résistante à la sécheresse, favorisation de la biodiversité locale.
Mais elle concède le problème : « Dès lundi 20 avril, les mini-galets aux pieds des arbres seront retirés et remplacés dans la semaine par des copeaux de bois ».
Cette solution devrait apaiser les tensions. Les copeaux de bois, plus esthétiques, écologiques et moins « tentants » comme projectiles, répondent aux principales préoccupations des riverains. L'épisode révèle cependant les défis des aménagements urbains, où les bonnes intentions peuvent parfois créer de nouveaux problèmes de sécurité publique.



