Un document d'urbanisme majeur pour l'avenir de l'agglomération
L'aménagement du territoire, avec ses volets cruciaux du logement et du développement commercial, occupe une place centrale dans la campagne électorale qui s'intensifie à Agen. Bien que les 44 communes de l'Agglomération d'Agen se soient déjà prononcées sur le nouveau Plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi), ce document continue de susciter des débats animés.
Un processus de concertation approfondi
Pas moins de 370 réunions ont été nécessaires entre octobre 2023 et 2025 pour construire ce projet ambitieux couvrant l'ensemble des 44 communes. Ce PLUi, qui sera valable pour les dix prochaines années, vise principalement à maîtriser l'étalement urbain tout en intégrant des objectifs environnementaux comme la loi Zéro artificialisation nette.
Clémence Brandolin Robert, première adjointe au maire d'Agen, souligne l'importance de ce document : « Aujourd'hui, nous sommes à 29 % de logements sociaux à Agen. Après ce document, nous serons à 28 %. Même si, l'an prochain, la loi nous oblige à 25 %, nous serons encore dans les clous ». Elle ajoute que l'aménagement constitue une forme essentielle d'appropriation du territoire qui définit précisément où et comment les particuliers peuvent construire, et où les professionnels peuvent se développer selon leurs secteurs d'activité.
Des objectifs chiffrés ambitieux
Sur l'ensemble de l'agglomération, une politique de croissance constante a été choisie avec la construction prévue de 5 282 logements supplémentaires. Parmi ceux-ci, 1 150 seront des logements sociaux répartis sur les 44 communes. La ville d'Agen elle-même prévoit 409 nouvelles constructions, dont 80 logements sociaux.
Pour concrétiser ces projets, une dizaine d'Orientations d'aménagement et de programmation (OAP) sont envisagées à Agen. Jean Pinasseau, élu en charge de ce dossier, précise : « Ce sont des orientations pour les années à venir qui ne sont pas figées ». Ces OAP concernent notamment :
- Les terrains de Donnefort
- Le centre technique municipal, destiné à devenir communautaire près du Marché aux bestiaux
- Des terrains proches du centre-ville
L'ensemble de ces projets représente actuellement 117 683,99 m² de surfaces concernées.
Les points de friction politiques
La question épineuse des logements sociaux
La proportion de logements sociaux constitue un point d'achoppement majeur pour l'opposition, qui s'est abstenue lors du vote du PLUi. Laurent Bruneau, élu d'opposition et candidat d'union de la gauche, critique ouvertement cette approche : « Agen est une ville avec beaucoup de familles précaires qui ne trouvent pas de logements sociaux ».
Pour lui, faire « revenir les familles » représente un enjeu crucial, estimant qu'elles « sont la clé de l'attractivité » de la ville. Bien qu'il rejoigne sur ce point Sébastien Delbosq du Rassemblement National, leurs moyens d'action diffèrent sensiblement. Ce dernier privilégie notamment le recours aux bailleurs privés pour répondre aux besoins en logement.
Face à ces critiques, Clémence Brandolin Robert réplique : « Ce sont nos visions politiques qui nous opposent. Les autres communes, notamment dans la première couronne, doivent aussi s'adapter à la proportion légale de logements sociaux ». Concernant le calendrier, elle estime que « nous travaillons sur ce PLUi depuis 2023. Nous ne pouvons pas laisser un calendrier électoral dicter ces décisions ».
Le développement commercial en question
Le PLUi aborde également la question des surfaces commerciales. Clémence Brandolin Robert explique : « L'Agglomération d'Agen dispose d'une offre commerciale qui est surdéveloppée par rapport aux agglomérations de mêmes strates ». La nouvelle approche consiste à ne plus « sacraliser certaines zones aujourd'hui en perte de vitesse, comme les rues périphériques aux boulevards de la République et Carnot ».
La priorité est désormais donnée aux réaménagements de friches, une orientation soutenue par la plupart des candidats aux élections, tant dans le centre-ville qu'en périphérie. Les différentes équipes proposent des solutions variées :
- L'équipe Dionis envisage une « foncière municipale » pour acquérir les locaux vacants et optimiser leur location
- Sébastien Delbosq mise sur des bailleurs privés
- La gauche de Laurent Bruneau partage certaines propositions
La polémique sur les parkings
La question de la gratuité des parkings divise particulièrement les candidats. Alors que plusieurs équipes proposent la gratuité totale, y compris dans les parkings en structure, le maire d'Agen considère cette approche comme « un non-sens commercial pour les parkings en voirie ». Il préfère privilégier la gratuité de deux heures dans les parkings en structure comme ceux du Marché ou de Reine-Garonne.
Les perspectives de développement territorial
Le projet de gare LGV en débat
La future gare LGV représente un autre point de divergence important entre les candidats. Si Jean Dionis y croit fermement, ses opposants, dont Éric Lafond du Parti des travailleurs, se montrent beaucoup plus circonspects, notamment concernant le coût estimé pour la collectivité.
Le Parti des travailleurs, tout comme l'union de la gauche, plaident plutôt pour la rénovation des lignes existantes. Éric Lafond insiste particulièrement sur « le retour d'un vrai service public des transports », une nécessité selon lui tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la ville.
Ce PLUi, avec ses multiples dimensions, cristallise ainsi les différences d'approche entre la majorité municipale et les oppositions, faisant de l'aménagement du territoire un enjeu électoral majeur pour l'avenir de l'agglomération agenaise.



