Un débat animé sur l'avenir des mobilités à Montpellier
Lors du grand débat des Municipales 2026 organisé ce jeudi 19 février par Midi Libre et le Cercle Mozart au cinéma Gaumont Odysseum, les candidats à la mairie de Montpellier ont présenté leurs projets en matière de mobilités urbaines. Les échanges ont été particulièrement vifs autour de trois questions centrales qui divisent profondément les prétendants au fauteuil de maire.
La gratuité des transports : un sujet qui cristallise les tensions
La question de la gratuité des tramways pour les habitants de la Métropole a suscité des positions contrastées parmi les candidats. Le maire sortant Michaël Delafosse défend fermement la mesure qu'il a mise en place lors de son premier mandat. Plusieurs candidats comme Thierry Tsagalos, France Jamet, Philippe Saurel ou Nathalie Oziol se sont prononcés pour le maintien de cette gratuité, avec Thierry Tsagalos déclarant qu'"il ne faut pas y toucher".
Le candidat écologiste Jean-Louis Roumégas propose même d'aller plus loin en étendant la gratuité "à ceux qui viennent de l'extérieur de la Métropole s'ils abandonnent leur voiture". À l'inverse, Isabelle Perrein estime que cette gratuité généralisée est "intenable sans augmentation d'impôts ou baisse de la qualité de service". La candidate plaide plutôt pour un maintien de l'accès gratuit pour les plus jeunes, les étudiants et les seniors, complété par l'application d'un tarif social pour les autres usagers.
Le contournement ouest : un projet qui divise la classe politique
Autre sujet clivant, le projet de Contournement Ouest de Montpellier (COM) prévu pour 2030. France Jamet estime que ce projet est "attendu depuis déjà trop longtemps". Isabelle Perrein et Philippe Saurel y sont également favorables, mais insistent sur la nécessité qu'il prenne "la forme d'un boulevard urbain, pas d'une autoroute".
En revanche, Jean-Louis Roumégas a dénoncé "une hérésie, un couloir routier qui n'éradiquera pas les bouchons". Une vision partagée par la candidate LFI Nathalie Oziol qui critique vivement le projet : "Cette autoroute à dix voies aura un impact terrible sur l'environnement et la qualité de l'air, et pas seulement pour les riverains. C'est un projet vieux de 40 ans, comment croire qu'il est encore adapté à notre époque."
La place de la voiture en ville : des visions radicalement opposées
Les échanges ont également porté sur l'équilibre à trouver entre voitures, vélos et piétons dans l'espace urbain. Le maire sortant Michaël Delafosse, qui défend quatre futures lignes de tram bus, a été largement critiqué sur son plan de circulation, notamment concernant la fermeture des boulevards périphériques.
Philippe Saurel a estimé qu'"il ne fallait pas se priver de l'avenue Albert-Dubout avant d'avoir fait le COM". Isabelle Perrein propose quant à elle de "recréer l'anneau routier en périphérie directe du centre-ville, avec sept parkings silos à portée de tram de l'Écusson".
Les deux candidats d'extrême-droite, Thierry Tsagalos et France Jamet, ont adopté des positions encore plus tranchées. Le premier a dénoncé "une idéologie de la mobilité unique", tandis que la seconde a critiqué "une ville pensée contre la voiture, en violation du droit à la mobilité".
Ce débat a ainsi révélé les profondes divergences entre les candidats sur des questions cruciales pour l'avenir de Montpellier, montrant que les choix en matière de mobilités urbaines constitueront un enjeu majeur de la campagne municipale de 2026.



