Municipales 2026 à Montpellier : un grand oral vélo révèle les ambitions des candidats
Cinq listes candidates aux élections municipales de 2026 à Montpellier ont participé à un grand oral organisé par l'association Vélocité, qui s'est tenu devant 200 personnes pendant plus de deux heures dans la salle Fernand-Pelloutier du quartier Antigone. Cet événement a permis de mesurer les progrès accomplis et les défis restants pour développer la pratique du vélo dans la ville.
Un bilan mitigé après six années d'efforts
En février 2020, neuf candidats ou leurs représentants avaient participé au premier grand oral de Vélocité, trois mois après une manifestation de 2600 cyclistes réclamant une plus grande place pour le vélo. Six ans plus tard, seuls cinq candidats étaient présents, avec Michaël Delafosse comme unique rescapé de l'édition précédente. L'association a rappelé en introduction que "Montpellier avait connu la plus forte croissance vélo en France jusqu'en 2021 mais qu'elle est dans la moyenne depuis."
Les propositions des candidats pour booster la petite reine
Le maire sortant Michaël Delafosse a défendu son bilan, soulignant la transformation nécessaire de la ville : "À Montpellier, la répartition des mobilités était très défavorable à la marche et au vélo. Ça a été très dur de proposer un nouveau partage de la voirie. Mais il le fallait, les mobilités représentant 40% des émissions de CO2 dans la Métropole."
Boris Chenaud (Le Printemps Montpelliérain) a tempéré cet optimisme : "Montpellier a avancé mais trop de gens n'osent pas circuler à vélo." Il propose de créer "10 000 places de stationnement et d'y consacrer 20 à 30 M€ sur le mandat."
Julia Mignacca (La France Insoumise) a insisté sur les problèmes de sécurité : "Les gens ont peur de faire du vélo, surtout en périphérie où les infrastructures manquent. Et il y a trop de carrefours dangereux en ville."
Quartiers populaires et lutte contre les inégalités
La question de l'accès au vélo dans les quartiers populaires a animé les échanges. Isabelle Perrein a observé que "les jeunes ne veulent pas du vélo mais du scooter" et prône "un système public de location longue durée." Elle rejoint Julia Mignacca sur la nécessité d'"une aide sur critères de revenus pour acheter un vélo neuf ou d'occasion."
Éric Petit a suggéré que cette aide "pourrait avoir des critères géographiques," tandis que Boris Chenaud a souligné que "beaucoup d'habitants ne savent pas faire du vélo et ont besoin d'un apprentissage."
Julia Mignacca a rappelé l'existence de labels comme Vélos-Egaux qui accompagne les personnes précaires, tandis qu'Isabelle Perrein propose "un label mobile vélo employeur qui incite les salariés à ne pas utiliser leur voiture."
Sécurité et concertation au cœur des préoccupations
"La sécurité ne se mesure pas au nombre de kilomètres peints au sol," a critiqué Isabelle Perrein qui veut consacrer "10 M€ sur six ans à la politique vélo" et lancer "une concertation réelle avant tous travaux."
Éric Petit (liste Mohed Altrad) a acquiescé : "La concertation doit être le maître mot. Et c'est à partir du regard des enfants qu'on doit penser nos rues."
Après le témoignage poignant de Claire, une Montpelliéraine qui peine à trouver un itinéraire sécurisé pour ses enfants de 9 et 5 ans, le débat s'est concentré sur les points dangereux. Julia Mignacca a rappelé qu'"il y a eu près de cent accidents en trois ans sur les quatre boulevards," tandis qu'Éric Petit a pointé la confusion "quand on arrive à Saint-Denis."
Infrastructures et cyclologistique
La dernière partie du débat a porté sur la cyclologistique et les infrastructures. Julia Mignacca a regretté "un manque d'arceaux en centre-ville," tandis que Michaël Delafosse a annoncé des "parkings sécurisés à la gare Saint-Roch et place des Martyrs de la Résistance" avec "un tarif dédié aux artisans."
Nicolas Le Moigne, président de Vélocité, a rappelé un chiffre significatif : "Au marché des Arceaux, 74% des gens viennent à vélo," contredisant l'idée que les commerçants dépendraient principalement de la clientèle automobile.
L'association Vélocité a établi six propositions pour servir de base au débat et enverra un questionnaire à tous les candidats. Le samedi 7 mars, elle organisera un tour à vélo des mairies de la Métropole pour remettre symboliquement les résultats du baromètre Parlons Vélo et la Vision de Vélocité.



