La Rochelle face au défi des pistes cyclables : les candidats aux municipales 2026 proposent leurs solutions
La Rochelle : les pistes cyclables au cœur des municipales 2026

La Rochelle face au défi des pistes cyclables : les candidats aux municipales 2026 proposent leurs solutions

Longtemps considérée comme une pionnière en matière d'aménagements cyclables, la ville de La Rochelle se trouve aujourd'hui confrontée à un défi de régulation et d'amélioration de ses infrastructures. Alors que les tensions entre différents usagers de la route semblent s'accentuer, les candidats à l'élection municipale des 15 et 22 mars 2026 répondent à nos questions et présentent leurs visions pour l'avenir du vélo dans la cité charentaise.

Des approches pragmatiques pour un développement raisonné

Olivier Falorni (Pour les Rochelaises et les Rochelais) insiste sur la nécessité d'aborder la question avec pragmatisme et sens des responsabilités. « Le vélo a toute sa place dans notre ville, mais il ne s'agit pas d'en faire plus pour faire plus. Il s'agit de faire mieux », déclare-t-il. Son programme prévoit la création d'un nouveau plan de développement basé sur une analyse précise des besoins réels, avec priorité à la sécurisation des pistes existantes et à la correction des aménagements problématiques.

Pour apaiser les tensions, Falorni propose une séparation claire des zones entre piétons et cyclistes, ainsi que la création d'une brigade des mobilités chargée de lutter contre les incivilités routières. « Les aménagements ne suffisent pas sans règles », souligne-t-il.

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Continuité et sécurité au cœur des propositions

Marilyne Simoné (La Rochelle Unie) défend un programme clair : « achever un réseau cyclable continu, sécurisé et lisible à l'échelle de l'agglomération ». Elle propose de poursuivre la mise en œuvre du Schéma directeur cyclable en co-construction avec les comités de quartiers, en ciblant particulièrement les axes accidentogènes comme l'avenue Coligny ou la rue de Beauregard.

Son projet inclut également le déploiement de nouveaux abris vélos sécurisés, l'intégration systématique de stationnements pour deux-roues dans les rénovations de logements sociaux, et la création d'un comité des usagers du vélo associé aux décisions publiques.

Éducation et concertation comme leviers d'action

Thibaut Guiraud (Générations La Rochelle) met l'accent sur la poursuite des efforts en faveur des mobilités actives et décarbonées. « Après cette grande phase de déploiement, il faudra fiabiliser, entretenir et sécuriser l'existant grâce à une signalétique lisible pour toutes et tous », explique-t-il.

Guiraud souhaite renforcer l'éducation au vélo dès le plus jeune âge en systématisant le Savoir rouler à vélo dans toutes les écoles, et étendre ce dispositif aux adultes via des programmes de remise en selle. Il insiste également sur l'importance de travailler avec l'ensemble des associations d'usagers et les habitants.

Vision globale et alternatives de transport

Christophe Batcabe (Une vision pour La Rochelle) propose de sortir d'une logique de plan unique pour repenser l'ensemble des mobilités à l'échelle de la ville et de l'agglomération. « Une politique de mobilité, ce n'est pas une piste cyclable de plus ou de moins : c'est une vision globale », affirme-t-il.

Son programme prévoit notamment de sécuriser les axes structurants, de finaliser les maillons manquants, et de développer des alternatives lourdes comme un RER urbain pour désenclaver les quartiers. « L'enjeu, aujourd'hui, c'est de réconcilier les Rochelais : piétons, vélos et voitures autour d'une mobilité choisie, pas subie ».

Entretien et financement : des préoccupations partagées

Antoine Colin (Lutte ouvrière) pointe du doigt les problèmes d'entretien des pistes cyclables, déformées par les racines ou complètement détruites dans certains secteurs comme le marais de Villeneuve. Il souligne également le manque d'infrastructures dans l'agglomération rochelaise.

Sa proposition principale concerne le financement : « ce doit être aux grosses entreprises de financer la création et l'entretien des pistes cyclables et des routes, qui servent à acheminer leurs salariés au travail. L'argent nécessaire doit être pris sur leurs profits ».

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Sécurité et réglementation au premier plan

Véronique Bonnet (La Rochelle insoumise et populaire) insiste sur la nécessité d'encourager et de sécuriser les mobilités douces sur tous les axes et dans tous les quartiers. Elle propose la création d'un service communal dédié aux cyclistes pour agir sur la sécurité et la réglementation au plus près du terrain.

Son programme comprend également la garantie de continuité et de matérialisation de chaque piste cyclable, le développement des parkings et garages à vélo dans tous les secteurs de la ville, et l'extension des zones apaisées aux abords des écoles.

Organisation de l'espace et verbalisation renforcée

Jaouad El Marbouh (Ensemble pour La Rochelle) défend une approche basée sur l'organisation claire de l'espace public. « Quand l'espace est organisé, les conflits diminuent », estime-t-il. Son programme prévoit de sécuriser les carrefours en séparant clairement les flux piétons, vélos et voitures.

Il annonce également un renforcement des contrôles : « La police municipale verbalisera comme jamais auparavant les dépassements de vitesse de plus de 20 km/h et le non-respect de la priorité des piétons ». L'objectif affiché est de créer des voies continues et apaisées, concertées avec les habitants et les commerçants.

Rétablir l'harmonie entre les usagers

Séverine Werbrouck (Rassemblement national) propose de rétablir l'harmonie entre vélos, piétons et automobilistes en « stoppant l'idéologie anti-voiture d'écologie punitive ». Son programme prévoit de redynamiser le centre-ville en restructurant le plan de circulation et de stationnement.

« Nous appliquerons une politique de bon sens afin que chaque rochelais puisse retrouver le bien vivre à La Rochelle », conclut-elle, promettant une approche équilibrée des différentes mobilités urbaines.

Alors que La Rochelle s'apprête à renouveler son conseil municipal en 2026, la question des pistes cyclables et plus largement des mobilités urbaines apparaît comme un enjeu majeur de la campagne électorale. Les différentes propositions des candidats reflètent à la fois la richesse du débat démocratique et la complexité des défis à relever pour concilier développement des mobilités douces, sécurité des usagers et qualité de vie dans l'espace public.