Biarritz : le projet Alday retenu pour l'aménagement du plateau d'Aguilera après un conseil houleux
Le lundi 7 juillet, la maire de Biarritz, Maider Arosteguy, a officiellement dévoilé le lauréat de l'appel à projet pour l'aménagement du plateau d'Aguilera, mettant fin à un dossier qui traîne depuis trois mandats municipaux. Après près de trois heures de délibérations animées et la venue surprise du promoteur Robert Alday, c'est la SAS Aldim, derrière laquelle se cache le groupe Alday, qui a été retenue par le conseil municipal.
Un serpent de mer qui trouve enfin son dénouement
Qualifié de « vieux serpent de mer » par l'élu d'opposition Guillaume Barucq, le projet d'aménagement de cette plaine sportive divise la classe politique locale depuis des années. Le groupement lauréat, composé d'Alday et des bailleurs sociaux Habitat Sud Atlantique (HSA) et Domofrance, a été choisi parmi une quinzaine de dossiers déposés initialement. Trois candidats avaient été retenus pour la phase finale : Alday, Icade et Vinci.
Une présentation qui crée la polémique
La séance a été marquée par l'intervention inattendue de Robert Alday, venu présenter personnellement son projet. Pour permettre cette présentation, la maire a suspendu le conseil pendant une quarantaine de minutes, déclenchant l'ire de l'opposition. Guillaume Barucq a dénoncé « le premier conseil municipal publicitaire de promotion immobilière », tandis que Nathalie Motsch s'est interrogée sur la légitimité de cette démarche alors que le vote n'avait pas encore eu lieu.
Les contours du projet « Aguilera Herria »
Le projet baptisé « Aguilera Herria » prévoit la construction de 250 logements, dont :
- 106 logements locatifs sociaux
- 47 appartements en Bail réel solidaire (BRS)
- 97 lots privés
Robert Alday a affirmé que « au moins 90 % de ces logements seront des résidences principales ». Pour la cession foncière, le promoteur propose 14,8 millions d'euros, un montant inférieur aux offres de Vinci (18,2 millions) et Icade (18,6 millions).
Des critiques sur le coût et l'environnement
L'opposition a vivement critiqué le choix d'un projet moins disant financièrement. Nathalie Motsch a pointé du doigt l'écart de près de 4 millions d'euros avec les autres offres, interrogeant : « Comment peut-on renoncer à 4 millions alors que les finances municipales sont tendues ? » Elle a également accusé la mairie d'avoir « sciemment écarté les propositions finales » des concurrents, créant une « rupture d'égalité entre les candidats ».
La défense de la municipalité
Maider Arosteguy a justifié ce choix en mettant en avant « le projet le plus équilibré, durable et vertueux d'un point de vue environnemental ». Elle a souligné que les offres concurrentes prévoyaient 300 logements contre 250 pour Alday, et que « 50 logements, c'est beaucoup d'argent ». La maire a également rappelé les contraintes législatives, notamment la loi SRU sur les logements sociaux et la loi ZAN sur l'artificialisation des sols, qui « nous contraignent dans notre capacité à loger la population ».
Des préoccupations environnementales
Guillaume Barucq a exprimé ses craintes quant à l'impact environnemental du projet, estimant qu'il « mange trop de terrain » et contribue à l'imperméabilisation des sols. Il a plaidé pour des alternatives comme la rénovation urbaine et la surélévation, dénonçant des lois « injustes et inapplicables sur notre territoire déjà saturé ».
Une adoption sous tension
Après trois heures de débats intenses, la délibération a finalement été adoptée, avec huit votes contre dans l'opposition. Nathalie Motsch, qui travaille avec les trois candidats, s'est abstenue de voter. Ce vote marque une étape cruciale dans un dossier qui continue de diviser profondément la municipalité biarrote.



