Le premier budget de la nouvelle majorité municipale d'Agen a été marqué par une vive passe d'armes autour d'une mesure phare : la baisse d'un euro du prix du repas dans les écoles municipales à partir de la rentrée prochaine. Les parents d'élèves agenais scolarisés dans les 21 écoles publiques verront ainsi le tarif de la cantine diminuer, une promesse de campagne qui n'a pas surpris, mais qui a enflammé les débats lors du vote du budget ce lundi 27 avril.
Une mesure ciblée sur les écoles publiques
Préalablement, la hausse de 1,26 % prévue en septembre a été abrogée. Les nouveaux tarifs s'échelonneront de 90 centimes à 4,60 euros. Près de 75 % des écoliers du public sont inscrits à la cantine. Toutefois, seules les familles résidant à Agen sont concernées, a précisé Marjorie Delcros, adjointe aux affaires scolaires. La mesure ne s'applique pas non plus aux élèves scolarisés dans le privé, ce qui a suscité les critiques de l'opposition.
Les arguments de l'opposition
Pia Landrin, pour l'opposition d'extrême droite, a proposé un chèque-repas qui pourrait bénéficier notamment aux enfants en Unité locale d'inclusion scolaire (Ulis) non domiciliés à Agen. La majorité a répondu que des dispositions existent déjà pour ces élèves, les tarifs agenais leur étant appliqués. Louis Tandonnet, autre conseiller d'opposition, a demandé si cela signifiait la fin des aides aux familles pauvres scolarisant leurs enfants dans le privé. Jusqu'à présent, ces familles pouvaient bénéficier d'une dégressivité des tarifs ou d'une bourse, gérée par l'administration de l'école privée.
La position de la majorité
La majorité a défendu sa mesure en affirmant appliquer son programme. Laurent Bruneau a souligné : « Nous avons 60 000 euros d'impayés liés à la cantine, et ce sont des familles qui paient le plus petit quotient. Nous sommes une municipalité de gauche. Le privé est un choix, le public est là. » Naïma Lasmak, adjointe aux finances, a renchéri. Clémence Brandolin-Robert, cheffe de file de l'opposition, a dénoncé une mesure discriminatoire : « Avec cette mesure, on ne met pas l'enfant au cœur de l'école, c'est discriminant. C'est un débat idéologique et c'est très violent. » Claires Rives a ajouté que dans les écoles privées, certains enfants ne mangent pas à leur faim en dehors du repas de midi.
Le kit scolaire également au programme
La majorité a également annoncé un kit scolaire offert dès la rentrée, avec une enveloppe initiale augmentée de 60 000 euros pour le compléter. Ce kit contiendra le minimum nécessaire : crayon, stylo, feuilles, etc. Cédrine Monségur a précisé que le dispositif a été construit avec les enseignants, dans un choix de service public. Louis Tandonnet a regretté que les décisions soient trop « pitchées » et pas assez justes, déplorant le manque d'épaisseur des notes de synthèse. Marjorie Delcros a indiqué que ces mesures seront évaluées au printemps.
Un débat sur la laïcité et la neutralité
En marge du budget, le conseil municipal a aussi voté le pavoisement de la mairie et du théâtre aux couleurs arc-en-ciel pour la marche des fiertés du 9 mai. L'opposition d'extrême droite a voté contre, arguant de la neutralité de l'espace public, tandis que l'opposition de droite a voté pour. Louis Tandonnet, professionnel de santé, a souligné que la parole publique peut participer à la réduction des violences envers les minorités. Il a demandé que ce pavoisement soit étendu à d'autres manifestations, comme la Journée internationale des droits des femmes et la Journée contre le racisme.



