L'association Cèdre de France se mobilise pour sauver des enfants libanais en détresse médicale
Cèdre de France aide des enfants libanais en détresse médicale

L'association Cèdre de France se mobilise pour sauver des enfants libanais en détresse médicale

Dans un élan de solidarité face à la détresse humaine, le professeur Francis Navarro et l'ancien député de l'Hérault Élie Aboud relancent avec détermination l'association Cèdre de France. Leur objectif est clair et poignant : venir en aide à des adolescents libanais souffrant de pathologies graves, dans un contexte de guerre dévastateur au Proche-Orient qui aggrave considérablement la situation sanitaire.

Une urgence médicale face à la guerre

"Si l'on peut au moins soigner ces enfants", murmure avec émotion Élie Aboud, médecin dans le civil et ancien parlementaire. Sur l'écran du smartphone du professeur Navarro défilent les visages de quatre adolescents - trois âgés de 16 ans et un de 12 ans. Leurs traits tirés témoignent d'une grande souffrance, mais un mince sourire persistant révèle aussi leur espoir tenace.

"Une guerre cruelle qui n'est pas la leur, une guerre qu'on leur impose", intervient avec gravité Élie Aboud, décrivant le contexte conflictuel qui frappe le Liban. Le coup de fil du chef du service de chirurgie digestive et transplantation hépatique au CHU de Montpellier a rapidement convaincu l'ancien député de réactiver l'association qu'il avait créée en 2020.

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Un héritage d'actions concrètes

Initialement créée pour acheminer du matériel médical après la terrible explosion du port de Beyrouth, Cèdre de France avait déjà fait ses preuves. "L'aide spontanée des professeurs Bringer, Touchon et Jonquet a permis à l'époque de bénéficier du soutien logistique et financier de l'ensemble de la communauté médicale montpelliéraine", se remémore Élie Aboud.

Grâce à cette mobilisation, treize containers de matériel avaient pu être envoyés à l'hôpital français du Levant de Beyrouth, permettant de financer les soins de dizaines de patients. Cette action avait jeté les bases d'une collaboration durable entre les établissements de santé français et libanais.

Un partenariat renforcé entre Montpellier et Beyrouth

Le CHU de Montpellier a ensuite tissé des liens étroits avec l'hôpital français du Levant. Un accord stratégique a été signé en 2025 par la directrice Anne Ferrer et son homologue Antoine Maalouf pour :

  • Développer la formation des médecins libanais
  • Moderniser les pratiques chirurgicales
  • Renforcer la recherche clinique

C'est dans ce cadre que le professeur Navarro s'est rendu à plusieurs reprises dans cet hôpital "où on se sent rapidement chez soi". Avec l'aide d'Élie Aboud, il a même mis en place des consultations gratuites dans sa spécialité, la chirurgie hépatobiliaire.

Un constat médical alarmant

"Le constat a été terrible", affirme le professeur Navarro. "J'y ai vu beaucoup de pathologies rares sur des adolescents ou des jeunes adultes qui n'ont jamais été pris en charge et arrivent, de fait, dans un état catastrophique".

Il évoque notamment une culture de la transplantation hépatique peu développée au Liban, sauf à se rendre en Iran ou en Turquie "à condition de débourser 200 000 dollars minimum". Les traitements peuvent coûter extrêmement cher, comme pour ce jeune patient souffrant d'un déficit de fibrinogène dont les soins vitaux s'élèvent à 1 000 euros par semaine.

L'impact dévastateur du conflit régional

La situation s'est considérablement aggravée avec le déclenchement de la guerre en Iran et ses répercussions sur le Liban. "Cela a engendré le déplacement de 800 000 civils du Sud-Liban vers Beyrouth avec des enjeux sanitaires majeurs", relate le chef de service du CHU.

Il énumère les conséquences dramatiques :

  1. Risques d'épidémies accrus
  2. Traitements médicaux qui n'arrivent plus à destination
  3. Opérations déprogrammées faute de matériel

"La situation est catastrophique", confie-t-il, se disant "bouleversé" par ce qu'il a constaté.

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Des liens historiques et affectifs forts

Élie Aboud témoigne des relations profondes unissant la France et le Liban : "Au collège, tous les matins, on chantait la Marseillaise après l'hymne libanais. Et cette tendresse respective entre nos deux nations, nos deux peuples, reste forte aujourd'hui, j'en suis convaincu".

C'est cette conviction qui motive la réactivation de Cèdre de France, au moment où son pays d'origine est frappé par ce qu'il qualifie de guerre "injuste".

Un appel à la solidarité générale

"On a besoin des particuliers, mais aussi des entreprises comme des collectivités", plaide Élie Aboud. "Chaque don, qu'il soit modeste, moyen ou important, sera énorme pour nous".

L'ancien député a déjà contacté le puissant armateur Rodolphe Saadé, lui aussi originaire de Beyrouth et à la tête de la CMA-CGM, pour faciliter la logistique comme en 2020. En fonction du niveau de solidarité atteint :

  • Du matériel médical et des traitements seront acheminés vers l'hôpital français du Levant
  • Quelques jeunes patients pourront être accueillis au CHU de Montpellier

"Pour mettre en place un traitement d'attente et, si possible, envisager une transplantation. Il faut qu'on arrive au moins à sauver ces quatre enfants", conclut le professeur Navarro, plein d'espoir mais conscient de l'urgence.

Au Liban, le cèdre symbolise traditionnellement la résilience. Aujourd'hui, à travers cette association qui porte son nom, c'est l'espoir de survie pour des enfants dont la vie ne tient qu'à un fil que l'on tente de préserver, malgré les tumultes de la guerre et les difficultés logistiques.