Un triple anniversaire exceptionnel à l'Ehpad de Gajac
Lundi 4 mai, l'Ehpad de Gajac, établissement public rattaché au Pôle de santé du Villeneuvois, a célébré un événement rare : le triple anniversaire de trois résidentes centenaires. Après un atelier cuisine matinal, les 157 résidents se sont réunis dans la salle de vie pour honorer Estelle Ismédon (106 ans), Anneliese Lubin (102 ans) et Yvette Rouliès (103 ans), toutes nées en avril.
Ce triple anniversaire, bien que devenu plus fréquent avec le vieillissement de la population, avait dû être reporté à deux reprises pour des raisons sanitaires. Julien Lavialle, nouveau directeur délégué, a souligné qu'il s'agissait d'un jour précieux qui mérite d'être célébré. Les trois centenaires, qui ont toutes vécu leur changement de siècle à l'extérieur, n'ont intégré l'établissement que tardivement, au gré des aléas de la vie.
Des parcours de vie remarquables
Anneliese Lubin, née à Rastdat en Allemagne, a perdu sa mère à l'âge de 10 ans. Elle a travaillé dans une usine textile à Bâle, en Suisse, avant d'épouser un militaire de carrière, gendarme en Lot-et-Garonne. Le couple, sans enfant, a ensuite cultivé la vigne. Avec humour, elle confie : « À la caisse de retraite, ils vont se mettre en colère. Ils vont se dire qu'il y a trop de vieux. »
Yvette Rouliès, native de Clairac, est une figure locale. Issue d'une famille de quatre enfants, elle a passé son enfance à Villeneuve-sur-Lot, auprès d'une mère garde-barrière et d'un père cheminot. Pendant la guerre, elle ravitaillait le maquis. Femme au foyer, elle a épousé un gardien de prison du centre de détention d'Eysses, décédé en 1986, puis a eu un second compagnon, Pierre, également disparu.
Estelle Ismédon, doyenne de l'établissement, est née en Algérie. Après un premier mariage qui s'est achevé au moment de l'indépendance, elle a rejoint la région parisienne où elle a fait carrière comme calculatrice dans le domaine de l'aérospatiale. Remariée à la retraite, elle s'est installée dans la bastide avec son second mari, décédé en 1998. Coquette « pour elle et pour les autres », selon une employée, elle reste valide et alerte, affirmant avec un sourire : « Et je suis autonome. »
Une célébration avec fleurs et bougies
Pour marquer ces siècles d'expériences, le premier adjoint au maire, Xavier Clerc, est venu les bras chargés de fleurs, accompagné de Sabrina Garrido-Larbi, aide-soignante et membre du Centre communal d'action sociale (CCAS). Chaque centenaire a soufflé trois bougies, les chiffres étant plus pratiques que le nombre exact de bâtonnets de cire à ces âges avancés.



