Vitesse en Lozère : la sécurité avant tout, répond un père endeuillé
Vitesse en Lozère : la sécurité avant tout, répond un père

Un père endeuillé rappelle l'importance de la sécurité routière

Après la prise de position du conseil départemental de la Lozère, jeudi 30 avril 2026, en faveur d'un assouplissement des limitations de vitesse sur certaines routes nationales, Bruno Portal, ancien conseiller municipal de Mende, dont le fils a perdu la vie dans un accident, a souhaité réagir. Il a adressé une lettre à Midi Libre que nous publions.

Dans un communiqué publié jeudi 30 avril 2026, le conseil départemental de la Lozère a demandé à l'État davantage de souplesse dans l'application des limitations de vitesse sur les routes nationales, notamment sur la RN88 et la RN106. L'exécutif départemental évoque des limitations jugées parfois peu lisibles et plaide pour une adaptation au cas par cas, au nom d'une meilleure connaissance du terrain.

Dans ce contexte, Bruno Portal, ancien conseiller municipal de Mende qui a perdu son fils dans un accident de la route, a souhaité apporter une autre voix au débat. Il a adressé une lettre à la rédaction de Midi Libre à lire ci-dessous.

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Circulation routière en Lozère : la priorité doit rester la sécurité, pas la vitesse

La demande formulée par le président du conseil départemental de la Lozère visant à obtenir de l'État un transfert de compétences pour relever à 90 km/h la limitation de vitesse sur la RN88 appelle une réaction claire. Présenter le retour à 90 km/h comme une priorité pour les Lozériens revient à ignorer les véritables enjeux de sécurité sur cet axe : une circulation importante de poids lourds, un tracé marqué par le dénivelé, de nombreux virages et des zones de traversée particulièrement sensibles, notamment à Mende, Langogne et Badaroux.

Sur un trajet de 10 kilomètres, le passage de 80 à 90 km/h représente un gain d'environ 50 secondes. Peut-on sérieusement considérer que moins d'une minute gagnée pour 10 km justifie une augmentation du risque routier ?

"Cela n'arrive pas qu'aux autres"

Quel est, d'ailleurs, le véritable objectif d'une telle démarche : améliorer les conditions de circulation ou chercher à se rendre populaire par une mesure symbolique ? La sécurité routière ne peut être traitée à travers le seul prisme de la vitesse ou du confort de circulation. Derrière chaque accident, il y a des vies brisées, des drames irréparables qu'on ne peut ignorer.

Je rappelle que, vendredi 1er mai, cinq jeunes sont morts dans leur voiture en Ardèche. Je m'exprime avec la légitimité de quelqu'un qui a perdu son fils à cause de la vitesse d'un chauffard. Ce drame m'a appris une chose terrible : cela n'arrive pas qu'aux autres, même si l'on a tendance à regarder ailleurs.

Quand on a vécu l'irréparable, on sait qu'aucune seconde gagnée sur la route ne vaut une vie humaine. J'en appelle à la responsabilité des décideurs publics : sur la RN88 comme ailleurs, la priorité doit rester la prévention, la prudence et la protection des usagers. Une vie vaut plus que 50 secondes.

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