Le collectif Justice pour les victimes de la route a organisé une action symbolique ce samedi 23 mai sur le parvis du théâtre de Béziers. Une grande table recouverte d'une nappe noire et décorée de roses blanches a été installée, entourée de chaises vides. Cette mise en scène visait à représenter les 79 personnes décédées dans des accidents de la circulation dans le département de l'Hérault en 2025.
Un message fort pour interpeller les pouvoirs publics
Les bénévoles de la branche héraultaise du collectif, qui compte quinze antennes en France, entendaient attirer l'attention sur le nombre trop élevé de victimes. Cathy Bourgoin, présidente nationale du collectif et responsable de l'antenne locale basée à Puimisson, a déclaré : "Notre objectif est de ne pas laisser des familles ou des victimes sur le bord de la route." Elle a souligné l'augmentation inquiétante : "En 2024, 58 personnes sont décédées dans un accident dans notre département. En 2025, elles étaient 79, soit 21 victimes supplémentaires. C'est beaucoup trop. Au niveau national, on déplore plus de 3 000 morts."
Un sentiment d'impuissance face à la banalisation
Le collectif exprime son découragement face au manque de considération. "Nous avons le sentiment de ne pas être écoutés, que l'on banalise les accidents de la route", regrette Cathy Bourgoin, qui est également intervenante départementale à la prévention routière. "J'ai invité le préfet à nos événements, mais personne ne vient." Malgré tout, à Béziers, des passants se sont arrêtés pour échanger avec les bénévoles, certains cherchant du soutien après avoir perdu un proche. "J'ai perdu mon fils dans un accident il y a plusieurs années. Quand cela arrive, on se retrouve seul. Nous faisons cela pour que l'on n'oublie pas nos enfants", confie la présidente.
Des revendications concrètes pour les victimes
Le collectif milite pour plusieurs mesures : création de services spécialisés en accidentologie, mise en place de cellules psychologiques et administratives, reconnaissance d'une journée nationale le 16 mai, fin des classements sans suite pour les accidents graves, et application des lois existantes. L'objectif est que les familles et les victimes d'accidents de la voie publique ne soient plus isolées et soient enfin prises en compte par les autorités.



