Un sondage Opinion Way pour le site deuxiemeavis.fr, publié ce mardi 28 avril 2026, dresse un constat préoccupant sur la santé des travailleurs français. Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu s'inquiétait fin mars d'une « dérive préoccupante » des arrêts maladie, cette enquête révèle que l'épuisement touche particulièrement les 35-49 ans et que la maladie grave reste un tabou en entreprise.
Les 35-49 ans, une tranche d'âge en souffrance
L'étude met en lumière un « point de bascule » pour les actifs âgés de 35 à 49 ans. Selon Ronan Chastellier, sociologue et maître de conférence à Sciences Po Paris, « entre 35 et 49 ans, on observe une intensification de tous les indicateurs : la fatigue atteint 55 % (contre 49 % chez les moins de 35 ans), les troubles musculo-squelettiques progressent fortement (46 % contre 36 %) et les maladies chroniques augmentent (28 % contre 23 %) ».
La santé mentale n'est pas en reste : l'épuisement mental touche 54 % des 35-49 ans (contre 39 % avant), la perte de sens ou baisse de motivation grimpe à 50 % (contre 37 %) et le stress reste élevé à 48 %. Cette situation s'explique en partie par le cumul des responsabilités professionnelles et personnelles.
La maladie au travail, un sujet encore tabou
Un autre enseignement frappant est la persistance du tabou autour de la maladie grave en entreprise. Globalement, 16 % des salariés éviteraient d'évoquer une maladie grave par crainte de répercussions. Ce taux monte à 19 % chez les plus de 50 ans.
Malgré cela, l'intérêt pour la santé au travail est fort : 45 % des Français estiment que des mesures de prévention (ergonomie, adaptation du rythme, ateliers santé) devraient être prises par l'entreprise, considérée comme un cadre pertinent pour la prévention.
Cette enquête intervient dans un contexte où l'Assurance Maladie a signalé 49 millions d'euros de fraudes liées aux arrêts de travail, en hausse de 15 % par rapport à 2024.



