Un homme de 72 ans a été condamné par le tribunal judiciaire de Bayonne à 1 000 euros d’amende avec sursis pour avoir abattu un vautour fauve, une espèce protégée, en mai 2025 à Briscous, au Pays basque. Il avait utilisé sa carabine de chasse pour un prétendu « tir d’effarouchement » visant à éloigner les rapaces de son troupeau de brebis.
Un tir mortel en pleine journée
Les faits se sont déroulés le 23 mai 2025. Alors qu’il s’apprêtait à quitter son domicile, le retraité a aperçu une vingtaine de vautours fauves près de ses brebis. Craignant une attaque, il a saisi sa carabine de chasse, une arme létale équipée de munitions destinées à abattre un sanglier, et a tiré. Le coup de feu a mortellement touché l’un des rapaces. La juge a souligné que ce tir, effectué en pleine journée dans une plaine ouverte où des promeneurs pouvaient se trouver, présentait un danger pour la sécurité publique, la portée de l’arme dépassant les 1 000 mètres.
Une espèce strictement protégée
Le vautour fauve est une espèce strictement protégée en France, et sa destruction est illégale. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), alertée, a récupéré la dépouille et a rapidement déterminé que la mort n’était pas naturelle. L’enquête a mené au retraité, qui a immédiatement reconnu les faits. Lors de l’audience du 30 avril, il a exprimé ses regrets, affirmant qu’il n’avait pas l’intention de tuer l’oiseau. « Je regrette beaucoup », a-t-il déclaré, au bord des larmes.
Les parties civiles dénoncent une « légende urbaine »
Plusieurs associations de protection de la nature, dont Hegalaldia, la LPO et la Sepanso 64, se sont constituées parties civiles. Elles estiment que le prévenu a intentionnellement tiré sur les vautours et rappellent que ces oiseaux ne représentent aucun danger pour les animaux en bonne santé. « Il s’agit d’une légende urbaine particulièrement ancrée chez les générations plus anciennes », a souligné Me Cloé Irigoin-Carricaburu, avocate d’Hegalaldia. Elle appelle à une sensibilisation sur le sujet.
L’avocate du retraité, Me Valérie Chauvelier, a contesté cet argument, affirmant que des cas d’attaques de vautours sur des animaux vivants peuvent parfois être observés. Elle a maintenu que son client n’avait pas l’intention de tuer l’oiseau, mais seulement de protéger ses brebis.
La condamnation
Le ministère public, représenté par Amandine Boyer, a requis une amende de 1 000 euros, dont 500 avec sursis, ainsi que la confiscation de l’arme. Après délibéré, le tribunal a condamné le retraité à une amende de 1 000 euros avec sursis, lui a interdit de récupérer sa carabine de chasse, et l’a obligé à verser 750 euros de dommages et intérêts aux parties civiles pour préjudice moral.



