Prépas privées à Montpellier : jusqu'à 6 500 € pour réussir médecine
Prépas privées à Montpellier : 6 500 € pour médecine

À Montpellier, la course au concours de médecine pousse de nombreux étudiants à débourser jusqu'à 6 500 euros par an dans des classes préparatoires privées, un marché lucratif dénoncé par la faculté qui met en avant l'efficacité du tutorat public. Le 1er septembre, 1 500 étudiants feront leur rentrée en PASS (Parcours d'Accès Spécifique Santé) à la faculté de médecine de Montpellier-Nîmes, mais pour ceux qui visent le très sélectif concours d'accès en deuxième année, la préparation se joue souvent hors des amphithéâtres.

Un investissement massif pour les étudiants

Les prépas privées, qui commencent dès la mi-août, affichent des tarifs pouvant atteindre 6 500 euros l'année, tout compris. Léa, qui a suivi la prépa Ipesud et s'est classée dans le top 100 sur 1 636 au concours l'année dernière, justifie ce choix : « C'est une année vraiment difficile. Il faut mettre toutes les chances de son côté et travailler dans les meilleures conditions » (prénom d'emprunt).

Marie, inscrite en « P zéro » à Sup'Perform, une année blanche entre le baccalauréat et la PASS, explique : « On passe le concours de notre vie en moins d'un an, alors dès le départ j'étais certaine de faire une prépa ». Elle avait même choisi l'option santé dès la terminale. Ces structures promettent une équipe pédagogique disponible 24 h sur 24, « même un 31 décembre », des cours de méthodologie, un entraînement intensif et des QCM en abondance.

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Un marché concurrentiel et des stratégies commerciales

Créée en 2007, Sup'Perform accueille environ 400 étudiants par an. Son directeur, Anthony Julia, met en avant une démarche indépendante et éthique : « Notre réputation n'est plus à faire, nos inscriptions se stabilisent. On ne court pas après les élèves et surtout, on a une attitude correcte et éthique avec eux ». Il alerte sur les prépas « décors de cinéma » et conseille de « prendre le temps de choisir », alors que la ville compte quatre prépas, celle des cours Gallien ayant fermé faute de financement.

De son côté, Florian Reyes, directeur d'Ipesud, assume une approche commerciale : « On va les chercher de plus en plus tôt, bientôt ce sera dans le ventre de leur mère ». Il utilise des appels téléphoniques, des salons de l'étudiant, des journées portes ouvertes et des campagnes publicitaires sur les trams et les bus. Ipesud a été racheté par Médisup, leader français des prépas, lui-même acquis par le fonds britannique Stirling Square en 2021, qui affichait déjà 60 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Reyes défend son service : « Mais je ne crois pas que je vole les gens. Les gens payent, mais ils ont un vrai service », avec des salles équipées de micros et caméras pour des replays.

La faculté dénonce des inégalités et défend le tutorat

Isabelle Laffont, doyenne de la faculté de médecine, critique vivement ces pratiques : « Les enseignements privés créent des inégalités sociales, ce n'est ni normal ni acceptable de devoir payer pour réussir des études de santé ». Elle met en avant l'association du tutorat santé, qui garantit l'égalité des chances, avec 85 % des étudiants en PASS inscrits, souvent en parallèle des prépas. Elle reconnaît que les prépas « se nourrissent très souvent des cours de la fac. La seule chose qui change c'est le support, parce qu'on a moins de moyens ».

Une enquête déclarative menée depuis 2023 par des statisticiens sur 1 300 étudiants en santé par an révèle un écart de seulement 0,6 % sur le taux d'accès aux filières médecine et odontologie entre les étudiants qui suivent les TD et le tutorat et ceux qui s'inscrivent en prépa. « Le tutorat est un dispositif sérieux, précieux et qui fonctionne très bien. On garantit des cours assurés par des enseignants-chercheurs et un accompagnement personnalisé lors des TD », certifie la doyenne. L'étude indique que la mention au baccalauréat et le temps de travail influencent davantage la réussite. « On ne communique peut-être pas suffisamment sur tous ces chiffres. On reste une université avec une communication d'université », déplore-t-elle.

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La meilleure publicité reste celle des étudiants, comme cette jeune femme qui arborait un t-shirt « le mérite ne devrait pas coûter une prépa » lors de la cérémonie d'affectation, une initiative applaudie par l'assemblée.