Au procès de San Isidro sur la mort de Diego Maradona, un néphrologue a déclaré mardi que l'icône argentine, qui souffrait d'une maladie rénale chronique, aurait dû bénéficier d'un contrôle médical quotidien, dénonçant des manquements dans le suivi de sa convalescence. Le Dr Hernan Trimarchi, entendu dans le cadre des poursuites contre sept professionnels de santé pour négligences fatales, a indiqué que des signaux rénaux et pondéraux auraient dû alerter l'entourage médical dans les jours précédant le décès de Maradona, survenu en novembre 2020.
Des reins anormalement lourds et des lésions ignorées
Le Dr Trimarchi a expliqué qu'à l'autopsie, les reins de Maradona pesaient "beaucoup plus qu'ils n'auraient dû" et présentaient "diverses lésions", liées à des antécédents d'obésité, de consommation de cocaïne et d'hypertension. Il souffrait de "glomérulosclérose", une maladie caractérisée par des lésions des filtres rénaux chargés d'éliminer l'excès d'eau, pouvant entraîner des œdèmes. Dans ce contexte, "le minimum, c'était un contrôle médical quotidien, des soins infirmiers quotidiens, une numération sanguine, la prise des signes vitaux", a-t-il affirmé. Il a également souligné n'avoir vu "aucun prélèvement sanguin dans le dossier" de l'hospitalisation à domicile de Maradona pendant sa convalescence de deux semaines à Tigre, au nord de Buenos Aires. "Si la tension augmente, si le poids augmente, là il faut faire quelque chose […] avec une simple balance, on peut anticiper pas mal de choses", a-t-il ajouté.
Un troisième expert à pointer des signaux d'alarme
Le Dr Trimarchi, membre de la Commission médicale interdisciplinaire composée de 22 membres créée par la justice en 2021, est le troisième spécialiste à témoigner lors des trois dernières audiences du procès. Jeudi, un cardiologue avait estimé que, compte tenu de l'hypothèse de dysfonction d'organes et d'insuffisance cardiaque, Maradona aurait dû être transféré "dans un environnement adapté, ce qu'une hospitalisation à domicile n'est pas". Mardi dernier, un légiste, également membre de la commission, avait énuméré divers "signaux d'alarme" ignorés : œdèmes, souffle court, signes d'hypertension et de tachycardie. "La dégradation a été progressive […] Au moins une dizaine de jours (avant la mort). L'alerte aurait pu être donnée", avait insisté le Dr Carlos Cassinelli.
Des poursuites lourdes contre les soignants
Diego Maradona, 60 ans, a été retrouvé mort le 25 novembre 2020 sur son lit dans une résidence louée pour une convalescence post-opératoire, décédé d'une crise cardiorespiratoire couplée à un œdème pulmonaire, après une agonie de plusieurs heures selon des témoignages d'experts. Les accusés, parmi lesquels un neurochirurgien, un psychologue et des infirmiers, encourent jusqu'à 25 ans de prison. Ils nient toute responsabilité, la plupart se retranchant derrière leur spécialité, sans lien direct avec les causes cliniques du décès. Le procès devrait s'étirer jusqu'en septembre.



