Analyses intensifiées sur une plage près de Saint-Tropez après des interdictions de baignade répétées
Plage près de Saint-Tropez : analyses intensifiées après interdictions

Depuis trois étés, la plage du Débarquement à La Croix-Valmer, près de Saint-Tropez, subit des interdictions de baignade à répétition. La Communauté de communes (ComCom) du Golfe et la municipalité multiplient les analyses pour identifier l'origine de la pollution bactérienne qui touche ce site très fréquenté.

Un suivi quotidien pour 42 plages

Quatre agents de la ComCom sont chargés de surveiller la qualité des eaux de baignade sur l'ensemble des 42 plages du territoire. Chaque matin, ils effectuent des prélèvements pour aider les municipalités à décider si la baignade peut être autorisée. Si cette routine est simple pour la plupart des plages, celle du Débarquement pose un véritable casse-tête.

« Pratiquement chaque semaine, quand l'Agence régionale de santé (ARS) fait ses prélèvements, on constate qu'il y a une zone polluée par des bactéries à gauche du ponton », confie le maire, Nicolas Patel.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des résultats en quelques heures grâce à une méthode rapide

Quentin Langevin, chargé des missions scientifiques et techniques du service espaces maritimes, effectue des prélèvements quotidiens en complément de ceux de l'ARS. « On récupère un échantillon d'eau à environ un mètre de profondeur, décrit-il, le bras immergé dans l'eau pour remplir son flacon. L'idée est d'avoir une représentation de la qualité de l'eau de la zone. »

Cette saison, le système d'étude s'est amélioré avec une méthode rapide basée sur la quantification ARN. « Pour schématiser, c'est un brin d'ADN. L'idée est de chercher des fragments très spécifiques qui permettent de cibler uniquement les Escherichia coli et les entérocoques intestinaux », explique-t-il, soit les deux bactéries d'origine fécale indicatrices d'une mauvaise qualité de l'eau.

Après extraction, les échantillons sont analysés dans un second laboratoire. « Ici, on obtient les résultats d'analyse, déclare Quentin Langevin. On peut lire la concentration de chaque bactérie pour chaque plage. »

Des pistes multiples explorées

Face à cette pollution récurrente, une batterie de tests a été lancée en collaboration avec la mairie. « On avance par élimination, hypothèse par hypothèse, pour trouver la cause, affirme Nicolas Patel. On en est à un stade où on cherche même l'improbable. »

Toutes les pistes sont envisagées : passages d'animaux, impact des conditions météorologiques, température de l'eau, présence potentielle d'un ancien émissaire privé enfoui sous le ponton, ou encore impact des bateaux « Vedettes » accostant près de la zone de baignade.

« Parmi les sources de pollution qu'on a pu identifier, on retrouve la présence de goélands », déclare Quentin Langevin. Cependant, les analyses d'ADN environnemental indiquent des marqueurs de goélands, mais « on a demandé aux plagistes d'observer la présence potentielle de l'espèce et ils nous affirment n'avoir rien vu », tempère Jean-Philippe Morin, responsable des espaces maritimes.

Des commerces lourdement impactés

Depuis le début de l'été, la baignade a déjà été interdite à quatre reprises. Les commerçants de la plage sont les plus touchés. « On a perdu 95 % de taux de fréquentation pendant les journées d'interdiction d'accès, se catastrophie Wilfried Bidault, manager de la partie plage du Nautic. Maintenant, même quand c'est autorisé, on ne travaille qu'à 60 % parce que la plage a mauvaise réputation. »

Geneviève Conterio, gérante du Ponent, ajoute : « On nous a demandé de tout rénover. On a fait beaucoup d'efforts pour tout embellir et finalement la plage est vide. » Thierry Guedj, qui tient Parasailing Sports, constate : « On a perdu 50 % de chiffre d'affaires depuis le début de la saison. Les gens ne viennent plus et à force, ils changent leurs habitudes et vont ailleurs. »

Kate Jones, commerçante à l'entrée de la plage, compte sur la nouvelle municipalité : « Je comprends qu'il puisse y avoir des épisodes de pollution mais je ne comprends pas que ça puisse durer trois ans sans solution. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale