Le voyage à La Réunion et la contamination familiale
En mars 2024, Maé Jeanne-Rose part en vacances à La Réunion au moment où débute une violente épidémie de chikungunya sur l'île. Son petit frère fait partie des premiers touchés dans son entourage. « C'était le début de l'épidémie », explique-t-elle. Contrairement à son frère qui contracte la maladie sur place, Maé ne développe les premiers symptômes qu'après son retour en métropole, dix jours plus tard.
La propagation au sein de la famille est massive : « après mon petit frère et après moi, il y a vraiment toute ma famille qui l'a eu et tous mes amis, enfin tout mon entourage qui était à La Réunion ». Heureusement, de retour en France en fin d'hiver, l'absence de moustiques tigres empêche toute contamination en métropole.
Les premiers symptômes et l'évolution de la maladie
Les premiers signes apparaissent par des éruptions cutanées et des démangeaisons dans le dos, suivies de maux de tête et d'une fièvre intense pendant deux jours. Mais c'est au bout d'une semaine que la maladie révèle sa vraie nature : « les douleurs articulaires comme des courbatures un peu partout et également les éruptions cutanées qui ont fait une grosse poussée pendant quelques jours où vraiment j'en avais partout sur tout le corps ».
La maladie évolue par vagues sur plusieurs mois. « J'avais l'impression d'aller mieux. Et au final, dès le lendemain, j'avais une douleur au genou. Je n'arrivais plus à marcher », raconte Maé. La fatigue et les douleurs articulaires persistent pendant près de six mois, avec des moments où elle reste clouée au lit, incapable de bouger.
La consultation médicale et le suivi par l'ARS
Dès le premier jour, reconnaissant les symptômes observés chez son frère, Maé contacte un médecin en visioconférence qui la met en arrêt maladie pendant une semaine. Une prise de sang confirme son cas de chikungunya importé depuis La Réunion.
L'Agence Régionale de Santé (ARS) la contacte ensuite pour un questionnaire détaillé : « j'ai dû répondre à tout un tas de questions pour expliquer les causes, pourquoi je l'avais contracté, quels étaient mes symptômes ». Ce suivi illustre la surveillance épidémiologique mise en place pour les cas importés.
Les conséquences sur la vie quotidienne : sport, travail et mobilité
Le chikungunya porte bien son surnom de « maladie qui courbe ». « On a l'impression d'avoir pris 20 ans, comme si on ne pouvait plus marcher normalement, faire du sport normalement », explique Maé. À 20 ans, elle se sent vieillie de 30 ans d'un coup.
L'arrêt de travail dure une semaine, mais les répercussions s'étendent bien au-delà. Le sport devient impossible pendant 3 à 4 mois : « je sentais que mon corps ne suivait pas ». Même les tentatives de reprise se soldent par des échecs, son état ne permettant aucun effort physique normal.
Les traitements disponibles et leurs limites
Aucun traitement spécifique n'existe contre le chikungunya. Maé se contente de soins symptomatiques : doliprane contre la fièvre et les maux de tête, crème pour les démangeaisons, et anti-inflammatoires pendant quelques jours pour les douleurs articulaires les plus invalidantes.
« Il y a vraiment des fois où je n'arrivais plus à marcher. Donc j'ai dû prendre des anti-inflammatoires pour ça », précise-t-elle. Dans les cas les plus graves, une rééducation peut s'avérer nécessaire, certaines personnes décédant même de cette maladie.
Les leçons tirées de cette expérience
Avec le recul, Maé insiste sur l'importance de ne pas sous-estimer cette maladie : « au début je la prenais vachement à la légère je pensais que ça irait et au final ça a eu quand même beaucoup de conséquences ». Son conseil principal : écouter son corps et accepter de mettre sa vie en pause, même quand on est jeune et en bonne santé.
Aujourd'hui, toute la famille est rétablie, même si les parents ont mis plusieurs mois à se remettre des douleurs articulaires. L'expérience souligne l'importance de la prévention et de la sensibilisation pour éviter la propagation du virus, particulièrement dans un contexte où le moustique tigre gagne du terrain en métropole.



