L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a émis une alerte ce jeudi concernant les risques de comportements compulsifs liés aux traitements de la maladie de Parkinson.
Parmi ces effets indésirables figurent notamment l'addiction aux jeux d'argent, l'hypersexualité, les achats compulsifs et d'autres troubles du contrôle des impulsions. L'agence appelle les professionnels de santé et les patients à une vigilance particulière, détaillée dans une brochure d'information.
Une maladie neurodégénérative fréquente
La maladie de Parkinson est l'une des principales maladies neurodégénératives. Ses trois grands symptômes sont des tremblements, une raideur des muscles et une difficulté à initier un geste. Pour améliorer ces symptômes, des médicaments dopaminergiques sont prescrits afin de compenser un déficit ou un dysfonctionnement de la production de dopamine, une substance essentielle au contrôle des mouvements, de l'humeur et des émotions.
Certains patients sous traitement développent des comportements compulsifs difficiles à contrôler, avec des répercussions parfois graves sur leur vie personnelle, familiale ou professionnelle, selon l'ANSM. L'agence rappelle l'importance de bien connaître ces risques et de surveiller les signes d'alerte. Ces troubles peuvent se manifester par une addiction aux jeux d'argent, des achats compulsifs, une hypersexualité, des comportements agressifs ou violents, ou encore une consommation excessive de nourriture en un temps très court.
Des patients insuffisamment informés
Ces effets indésirables peuvent survenir progressivement, sans que le patient en ait toujours conscience, et même à faible dose ou après plusieurs années de traitement, souligne l'ANSM. Dans la plupart des notices, leur fréquence de survenue est qualifiée d'indéterminée, faute de données scientifiques précises avant commercialisation. Par exemple, pour le pramipexole, un agoniste dopaminergique, les troubles du contrôle des impulsions sont fréquents, touchant jusqu'à une personne sur dix.
La principale association de patients, France Parkinson, estimait encore le mois dernier que les patients n'étaient pas suffisamment informés lors de la prescription. L'ANSM insiste sur la nécessité pour les professionnels de santé d'informer systématiquement les patients, d'impliquer les proches pour repérer les signes d'alerte, et de signaler rapidement et sans honte tout comportement inhabituel au médecin.
Des données bien documentées
Les effets indésirables des agonistes de la dopamine sont bien documentés. Une étude publiée en 2018 dans la revue Neurology par des chercheurs français montrait qu'au-delà de cinq ans sous ces traitements, la moitié des patients connaissent un trouble impulsif. Ces médicaments sont aussi utilisés pour le syndrome des jambes sans repos et l'hyperprolactinémie, qui entraîne des désordres menstruels et peut perturber la fertilité.



