Les deux funérariums de Paris intra-muros, situés aux Batignolles et à Ménilmontant, sont complets depuis ce samedi 27 juin 2026 au matin, a indiqué à l’AFP Élisabeth Charrier, déléguée générale de la Fédération nationale du funéraire, se basant sur les remontées de ses adhérents. La canicule, qui amorce son reflux ce week-end, a épuisé les corps et soumet les hôpitaux à une pression extrême, avec un bilan encore incertain en termes de décès.
Une saturation inédite à Paris
« Depuis ce matin, les deux funérariums de Paris n’ont plus de capacité d’accueil et on reporte la capacité sur la petite couronne », a déclaré Élisabeth Charrier à l’AFP. Ce phénomène est qualifié de « très parisien » par la déléguée générale : « sur le reste du territoire, l’activité est très importante mais sans débordement ». La fédération, qui revendique 83 % de parts de marché en nombre de salariés et d’entreprises, reste vigilante. Selon elle, la situation pourrait se compliquer si la hausse des appels se poursuivait dans les 24 à 48 heures.
Des disparités régionales marquées
Sur LCI, Gautier Caton, porte-parole de la Fédération, a également indiqué que « la situation évolue relativement vite depuis 24 à 48 heures ». Il a précisé : « Depuis 24 à 48 heures, on constate une saturation des chambres funéraires, avec une grande disparité selon les régions. L’Île-de-France et la région Centre pour le moment sont relativement impactés. »
Contrairement à la canicule de 2003, qui avait frappé en août, celle-ci survient en juin, ce qui permet de mobiliser davantage de personnel. « Contrairement à 2003, on n’est pas au mois d’août mais au mois de juin, du coup le personnel et les effectifs des pompes funèbres ne sont pas en congés. Du coup, on est en effectif complet », a souligné M. Caton. « Nos infrastructures, les véhicules, les établissements, les collaborateurs, sont sur le pont. »
Un phénomène récurrent mais amplifié
Élisabeth Charrier a comparé cette saturation à celle observée « tous les hivers en cas de grippe », mais avec une hausse des appels « plus étalée dans le temps » habituellement. À ce stade, selon Gautier Caton, il est « un peu tôt pour parler de solutions de gestion de crise avec des conditions telles que Rungis pour la canicule de 2003 ». Le plan blanc a déjà été déclenché pour tous les hôpitaux d’Île-de-France, et les appels au Samu ont explosé de 80 % en une semaine en région parisienne.



