Nouveau CHPG à Monaco : un chantier titanesque de 10 ans
Nouveau CHPG : chantier titanesque de 10 ans

Le nouveau bâtiment du Centre hospitalier Princesse-Grace (CHPG) à Monaco, d'une surface de plancher de 65 000 m² et d'une surface utile de 40 000 m², a été livré après plus de dix ans de travaux marqués par des contraintes extrêmes. Le prince Albert II a remis symboliquement les clés au personnel soignant le lundi 13 juillet 2026, qualifiant cette réalisation d'« étape majeure de l'avenir du pays ».

Des chiffres impressionnants

Le chantier a nécessité 40 000 m³ de béton coulé, dont 90 % bas carbone, 8 000 tonnes d'acier, 850 km de câbles électriques, et 15 500 livraisons. Plus de 150 entreprises sont intervenues, avec jusqu'à 700 compagnons simultanément au plus fort des travaux.

Un défi logistique et technique

« Globalement, tous les chantiers à Monaco sont des défis… mais celui-ci les cumule tous », déclare Céline Caron-Dagioni, conseillère de gouvernement - ministre de l'Équipement, de l'Environnement et de l'Urbanisme. Le projet a débuté dans les années 2000, sous l'impulsion du prince Albert II, pour répondre à l'activité croissante du CHPG (taux de recommandation de 93,1 % en 2025).

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Un premier obstacle majeur était l'avenue Pasteur, qui passait au pied de l'établissement. Il a fallu la dévoyer en construisant un ouvrage d'art pour créer un espace rectangulaire permettant les fondations et parkings. « Grâce à cela, on a pu constituer une zone où l'on a pu commencer à construire », explique Vincent Chaigneau, directeur de l'architecture chez AIA Life Designers.

Gestion à flux tendu et logistique innovante

Les travaux ont débuté en 2015. La situation géographique imposait une logistique exigeante, sans possibilité de stockage sur site. « C'était un véritable défi logistique que d'acheminer tous les matériaux. On savait dès le départ que cela serait compliqué », ajoute Céline Caron-Dagioni. Pour la première fois, le gouvernement s'est doté d'un logisticien pour gérer les contraintes en flux tendu, comme sur une chaîne de production.

Préserver la tranquillité des patients

Le confort acoustique était primordial. Le gouvernement a doublé une grande partie des fenêtres de l'ancien bâtiment donnant sur le chantier, mais a dû couvrir davantage de surface, avec un décalage. « L'un des principaux sujets était celui du confort acoustique », souligne Benoîte Rousseau de Sevelinges, directrice du CHPG. L'activité hospitalière a été maintenue intégralement pendant les travaux. Les parkings ont été aménagés en « base vie » pour les ouvriers, afin d'éviter les croisements avec le personnel soignant.

Modernisation et innovations médicales

Le nouvel hôpital intègre les dernières innovations : chirurgie robotique, médecine nucléaire, cardiologie interventionnelle. « Derrière chacune de ces exigences techniques, il y a une attention très concrète : qu'un patient soit mieux soigné, plus vite, plus sûrement », a rappelé le ministre d'État Christophe Mirmand lors de la cérémonie.

Calendrier et coût

Le bâtiment est livré en 2026, avec plus de quatre ans de retard et un coût doublé à près de 1,4 milliard d'euros. « Le chantier n'a pas toujours été facile à maîtriser, mais on a bénéficié d'entreprises de très bonne qualité », estime Vincent Chaigneau. La phase de prise de possession par le personnel soignant débute, avec les premiers patients attendus début 2027. La mise en service totale du bâtiment devrait intervenir d'ici avril 2027, et la phase 2, marquant la fin du chantier, courant 2033.

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