Maladie de Charcot : Soline transforme son combat en pèlerinage sur le chemin de Compostelle
En 2024, Soline Wenger commence à ressentir des problèmes de santé inquiétants. Des engourdissements dans les mains sont d'abord attribués au syndrome du canal carpien, mais d'autres signes de faiblesse musculaire apparaissent rapidement. Après des examens médicaux approfondis, le diagnostic tombe : sclérose latérale amyotrophique, plus connue sous le nom de maladie de Charcot.
L'annonce est un choc terrible pour cette femme qui mène une vie familiale intense et épanouie avec son mari Guillaume et leurs quatre enfants. "J'ai été dévastée lorsque j'ai pris connaissance de l'évolution de cette terrible maladie", confie-t-elle, évoquant cette période douloureuse.
Du repli sur soi à l'appel du chemin
Dans un premier temps, Soline choisit de se replier sur sa famille, de s'isoler et de vivre recluse pour profiter pleinement de chaque moment avec ses proches. Mais son époux Guillaume lui suggère une idée qui va tout changer : entreprendre un pèlerinage sous forme de randonnée, une passion qu'ils partagent depuis longtemps.
Le couple avait déjà réalisé leur voyage de noces sur le GR 20 et s'était rendu à Lourdes. Ces arguments finissent par convaincre Soline de se lancer dans une aventure extraordinaire : le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Un départ marqué par une immense solidarité
En janvier dernier, Soline entame son pèlerinage depuis Lyon. Elle l'envisageait initialement seule, mais à son départ, plus de 150 personnes viennent l'encourager. À son arrivée au Puy-en-Velay, ce sont plus de 200 personnes qui l'attendent, témoignant d'un élan de soutien impressionnant.
"Tout au long de mon pèlerinage, j'ai ressenti un soutien à chaque étape de proches et d'inconnus", raconte Soline. "Rien ne me fera oublier ma souffrance quotidienne au vu de mes entraves physiques, mais l'expérience de ce pèlerinage gonfle mon cœur."
Un parcours spirituel et solidaire
En fervente catholique, Soline vit des moments particulièrement forts lors de son périple. À son arrivée à la cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay, elle est accueillie par l'évêque, un instant qu'elle qualifie de "sacré".
Son parcours l'a conduite jusqu'à Nasbinals en Lozère, où elle est rejointe par sa sœur et son neveu. Elle s'est ensuite rendue à Saint-Chély-d'Aubrac, et du 8 au 12 avril, ses quatre enfants et son époux vont l'accompagner pour poursuivre l'aventure jusqu'à Saint-Juéry.
Malgré les difficultés d'élocution causées par la maladie et l'affaiblissement physique constant, Soline fait preuve d'une humilité et d'une intelligence remarquables. Elle accomplit ce pèlerinage non seulement pour elle-même, mais aussi pour les autres.
Un projet riche en émotions et en symboles
Le projet de Soline est profondément émotionnel. Elle ramène vers Saint-Jacques-de-Compostelle des coquilles sur lesquelles sont inscrits les prénoms de malades rencontrés durant son parcours, créant ainsi un lien symbolique entre tous ceux qui luttent contre la maladie.
Parallèlement à son cheminement spirituel, Soline collecte des dons pour l'Arsla (Association pour la recherche sur la sclérose latérale amyotrophique et autres maladies du motoneurone), contribuant ainsi activement à la recherche médicale.
Une rencontre marquante à Nasbinals
Jeudi 2 avril, au foyer Nada (Nasbinals accueil et découverte en Aubrac) de Nasbinals, une rencontre spéciale a été organisée en présence d'élus pour commenter son pèlerinage. Laure, une autre femme atteinte de la même pathologie, l'a rejointe pour témoigner de son expérience avant qu'une messe ne soit célébrée.
Cette initiative démontre comment une épreuve personnelle peut se transformer en un mouvement collectif de solidarité, d'espoir et de soutien à la recherche médicale.



