Livret A : baisse historique des dépôts en avril 2026
Livret A : baisse historique des dépôts en avril 2026

Quatre mois de baisse consécutive. Vendredi, la Caisse des dépôts a confirmé le recul du produit d'épargne préféré des Français, qui ont allègrement pioché dans leurs livrets A. En retirant 1,28 milliard d'euros, les épargnants ont fait du mois d'avril 2026 le pire mois d'avril depuis 2009, année où le livret A avait été ouvert à toutes les banques. Rassurez-vous, les comptes sont loin d'être à sec. À la fin du mois, il restait 445,2 milliards d'euros à dormir sur les 58 millions de livrets A ouverts en France.

Utilisé pour financer le logement social et les projets de rénovation urbaine, le livret A est une ressource essentielle pour la Caisse des dépôts. La banque de l'État l'utilise pour prêter de l'argent aux bailleurs sociaux qui en ont besoin pour construire ou rénover des logements. Pourquoi un tel désamour ? Qui va en faire les frais ? Et qui va en profiter ? Pour y voir plus clair, 20 Minutes a interrogé David Charlet, président de l'Association nationale des conseils financiers, qui représente les entreprises de courtage, de conseil en banque, en finance et en assurance.

Un désamour prévisible selon les experts

David Charlet, président de l'Association nationale des conseils financiers, n'est pas surpris par cette tendance. Il explique que ce recul s'inscrit dans une évolution observée depuis plusieurs années. En période de crise, les Français ont tendance à épargner sur le long terme ou à conserver leur argent sur leur compte courant, par précaution. Or, les crises se succèdent depuis le Covid-19, ce qui est inédit dans l'histoire récente. Le livret A, assimilé à une tirelire, sert de variable d'ajustement : les dépôts et les retraits y sont fréquents.

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Conséquences sur le financement du logement social

La baisse de l'encours du livret A n'est pas neutre, surtout dans la situation financière actuelle de l'État. David Charlet rappelle qu'il s'agit d'une ressource en moins pour la Caisse des dépôts, qui finance le logement social. Cependant, l'argent retiré ne disparaît pas : une partie est utilisée par les ménages modestes pour faire face à l'inflation, mais l'essentiel est redirigé vers d'autres placements plus rémunérateurs.

Qui profite de cette désaffection ?

Les banques sont les premières bénéficiaires, car les fonds laissés sur les comptes courants constituent une ressource gratuite pour financer des crédits. L'assurance vie, notamment les fonds euros, connaît également un regain d'intérêt. Les assureurs réinjectent ensuite cet argent dans l'économie ou pour réduire la dette de l'État. Les plans épargne-retraite battent des records, les Français se tournant vers une épargne à long terme. En revanche, les placements risqués comme les cryptomonnaies restent marginaux en période de crise.

Vers une revalorisation du taux ?

Le taux actuel du livret A est de 1,5 %. Compte tenu de la reprise de l'inflation, une revalorisation est jugée probable par David Charlet. Une hausse du taux aurait un effet immédiat sur les dépôts, mais pourrait aussi renchérir le coût des emprunts pour les offices HLM, impactant leur capacité à financer des projets.

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