Une enquête menée par l'Observatoire des Jeunes et de l'IA révèle que 68% des 18-30 ans craignent de devenir obsolètes professionnellement à cause de l'intelligence artificielle. Ce chiffre, publié le 14 juillet 2026, souligne une inquiétude croissante parmi les jeunes actifs et étudiants.
Une peur généralisée face à l'automatisation
Selon l'étude, réalisée auprès de 5 000 jeunes, 72% estiment que l'IA transformera profondément leur métier actuel ou futur. Les secteurs les plus touchés seraient le marketing, la finance et les services informatiques. « On se sent un peu les cobayes de ce nouveau monde », confie Léa, 24 ans, consultante en stratégie digitale. « On nous dit de nous adapter, mais personne ne sait vraiment à quoi ressemblera le marché du travail dans cinq ans. »
L'étude montre que 55% des jeunes ont déjà suivi une formation en ligne pour se prémunir contre l'obsolescence, mais 41% estiment que ces formations sont insuffisantes. Le manque de temps et de ressources financières est cité par 63% des répondants comme principal obstacle à la formation continue.
Des disparités selon les niveaux de diplôme
Les jeunes sans diplôme universitaire sont particulièrement vulnérables : 81% d'entre eux expriment une forte inquiétude, contre 58% chez les diplômés de master. Les hommes (71%) sont légèrement plus anxieux que les femmes (65%). « Les métiers les plus routiniers sont les plus menacés, mais même les professions créatives ne sont pas à l'abri », explique Marie Dupont, sociologue à l'Université Paris-Saclay et co-autrice du rapport.
L'étude recommande la mise en place d'un « droit à la formation continue » financé par l'État et les entreprises, ainsi que l'intégration de modules sur l'IA dans les programmes scolaires dès le collège. « Il ne s'agit pas seulement d'apprendre à coder, mais de développer une pensée critique et une capacité d'adaptation », ajoute Dupont.
Un appel à l'action des pouvoirs publics
Le gouvernement a déjà annoncé un plan de 2 milliards d'euros pour la formation aux métiers du numérique, mais les jeunes jugent ces mesures insuffisantes. « 2 milliards, c'est bien, mais cela représente à peine 200 euros par jeune concerné », dénonce Sarah, 22 ans, membre d'un collectif étudiant. « On a besoin d'un accompagnement personnalisé, pas de solutions standardisées. »
L'étude conclut que sans action rapide, l'anxiété liée à l'IA pourrait se transformer en défiance généralisée envers la technologie et les institutions. « Les jeunes sont prêts à s'adapter, mais ils ont besoin de soutien concret », conclut le rapport.



