Hôpitaux : 2 300 lits d’hospitalisation complète fermés en 2024
Hôpitaux : 2 300 lits fermés en 2024

Selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiée le 9 juillet 2025, 2 300 lits d’hospitalisation complète ont été fermés en France en 2024. Ce chiffre, en hausse par rapport aux années précédentes, confirme une tendance lourde de réduction des capacités hospitalières.

Une baisse continue des lits depuis 2013

La Drees indique que le nombre de lits d’hospitalisation complète (médecine, chirurgie, obstétrique) est passé de 311 000 en 2013 à environ 290 000 en 2024, soit une diminution de près de 7 % en onze ans. En 2024, la fermeture nette de 2 300 lits s’ajoute aux 1 800 lits supprimés en 2023. Les fermetures concernent surtout les services de médecine et de chirurgie, tandis que la psychiatrie et les soins de suite et de réadaptation sont moins touchés.

Des causes multiples et un impact sur les soins

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution : la réduction des durées moyennes de séjour, le développement de la chirurgie ambulatoire, mais aussi les difficultés de recrutement de personnels soignants. « Les fermetures de lits sont souvent liées à un manque de personnel, notamment d’infirmiers », souligne la Drees dans son rapport. Cette situation entraîne des tensions dans l’accès aux soins, avec des services d’urgences saturés et des délais d’attente allongés pour certaines interventions.

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Des disparités régionales marquées

L’étude révèle des écarts importants entre les régions. Les Hauts-de-France, la Normandie et la Bourgogne-Franche-Comté enregistrent les plus fortes baisses, tandis que l’Île-de-France et la Provence-Alpes-Côte d’Azur résistent mieux. En moyenne, le taux d’occupation des lits reste élevé, autour de 75 % en médecine, mais dépasse 90 % dans certains services d’urgence, ce qui témoigne d’une fragilité du système.

Les syndicats alertent sur la qualité des soins

Les organisations syndicales, comme la CGT santé, dénoncent une « dégradation programmée » de l’hôpital public. « On ferme des lits sans créer les alternatives nécessaires en ville ou en soins de suite », a déclaré un représentant syndical. Le gouvernement, de son côté, met en avant les investissements dans les soins de proximité et le virage ambulatoire, mais les associations de patients et les professionnels réclament un plan d’urgence pour stopper l’hémorragie.

Un défi pour les années à venir

Avec le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques, la demande de soins hospitaliers devrait croître. La Drees estime qu’il faudrait maintenir un nombre suffisant de lits pour faire face aux pics d’activité, notamment en période hivernale. Sans mesures correctives, les fermetures de lits pourraient se poursuivre, aggravant les inégalités territoriales d’accès aux soins.

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