Une vaste étude publiée dans The BMJ le 9 juillet 2025 confirme que les médicaments anti-obésité les plus efficaces, notamment les analogues du GLP-1 (comme le sémaglutide et le liraglutide), sont également ceux qui entraînent le plus d'effets indésirables. L'analyse, menée par des chercheurs de l'Université du Minnesota, a porté sur 26 essais cliniques randomisés regroupant plus de 15 000 participants.
Une efficacité accrue mais des risques non négligeables
Les résultats montrent que les patients traités par analogues du GLP-1 perdent en moyenne 12 % de leur poids corporel sur 68 semaines, contre 2 % pour le placebo. Cependant, 74 % des participants sous traitement ont signalé au moins un effet indésirable, contre 48 % dans le groupe placebo. Les effets les plus courants sont des nausées (44 %), des vomissements (24 %) et des diarrhées (20 %).
« Ces médicaments sont très prometteurs pour la gestion de l'obésité, mais les patients et les médecins doivent être conscients des effets secondaires fréquents », a déclaré le Dr. Jennifer Lee, auteure principale de l'étude. Elle ajoute que « l'arrêt du traitement en raison d'effets indésirables était plus élevé dans le groupe GLP-1 (8 %) que dans le groupe placebo (2 %) ».
Comparaison avec d'autres traitements
L'étude a également comparé les analogues du GLP-1 à d'autres médicaments anti-obésité, comme l'orlistat et la naltrexone-bupropion. L'orlistat, qui agit en inhibant l'absorption des graisses, a montré une perte de poids moyenne de 5 % sur 52 semaines, avec des effets secondaires principalement gastro-intestinaux (stéatorrhée, flatulences) chez 30 % des patients. La naltrexone-bupropion, qui cible le système de récompense cérébral, a entraîné une perte de poids de 6 % sur 56 semaines, mais avec des risques accrus d'hypertension artérielle (7 % contre 3 % pour le placebo).
Les chercheurs soulignent que le profil de tolérance varie selon les molécules. « Les analogues du GLP-1 sont les plus efficaces, mais aussi ceux qui provoquent le plus de troubles digestifs. Il est essentiel d'adapter le traitement à chaque patient », explique le Dr. Lee.
Implications pour la pratique clinique
L'étude recommande une surveillance accrue des patients sous analogues du GLP-1, notamment une évaluation régulière des symptômes gastro-intestinaux et une adaptation des doses. Les auteurs suggèrent également d'informer les patients des risques avant l'initiation du traitement. « La balance bénéfices-risques reste favorable pour la plupart des patients obèses, mais une approche personnalisée est cruciale », conclut le Dr. Lee.
L'obésité touche plus de 650 millions d'adultes dans le monde, selon l'Organisation mondiale de la santé. Les traitements pharmacologiques sont de plus en plus utilisés en complément des modifications du mode de vie. Cette étude apporte des données chiffrées essentielles pour éclairer les décisions thérapeutiques.



