Hantavirus : un cas contact accueilli au CHU de Rennes, le Pr Tattevin rassure
Hantavirus : un cas contact accueilli à Rennes

Un patient sous surveillance au CHU de Rennes

Le professeur Pierre Tattevin, chef du service des maladies infectieuses du CHU de Rennes, a accueilli ce mardi 12 mai à la mi-journée un patient identifié comme cas contact au hantavirus. Résident à Concarneau, dans le Finistère, cet homme a voyagé dans le même avion qu’une passagère néerlandaise ayant participé à la croisière sur le MV Hondius, où s’est déclarée l’épidémie. L’âge du patient n’a pas été précisé.

Des mesures d’isolement strictes mais limitées

Interrogé sur les conditions d’accueil, le Pr Tattevin explique : « On va simplement suivre les recommandations. Ce patient va rester en chambre seule, en mesure d’isolement respiratoire, pour s’assurer que s’il est symptomatique, il ne contamine personne autour de lui. »

Le hantavirus, bien que très agressif avec une létalité d’environ 40 %, est peu contagieux. « La transmission interhumaine ne se fait que dans des conditions de contacts étroits et prolongés », précise le spécialiste. Contrairement au Covid-19, de simples gouttelettes ou un contact bref ne suffisent pas à contaminer.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Pourquoi ne pas avoir laissé les passagers à bord ?

À la question de savoir s’il n’aurait pas mieux valu laisser tous les passagers sur le bateau le temps de l’incubation, le Pr Tattevin répond : « Non, ça aurait été totalement inhumain ! Environ 10 % des passagers étaient contaminés. Pour les 90 % non encore contaminés, enfermés sans savoir qui était en incubation, il n’y avait pas les moyens d’assurer leur sécurité. Il fallait sortir tout le monde de cette zone de transmission et assurer un suivi médical. »

Il ajoute : « On ne pouvait pas condamner 150 personnes sur le bateau parce qu’on se sentait incapable de les protéger. »

Un risque maîtrisé et des capacités d’accueil suffisantes

Concernant la dispersion potentielle des personnes contaminées, le Pr Tattevin estime que le risque est « bien connu et facile à gérer ». Il explique : « Il faut identifier les contacts, ce qu’on a fait, et les isoler pour qu’ils ne transmettent à personne. Il ne devrait pas y avoir de transmission secondaire. »

Les services hospitaliers français disposent de capacités suffisantes : « Il n’y a que 22 cas contacts identifiés sur tout le territoire français ayant pris l’avion avec des gens malades. Rennes est un centre de référence, et il y en a une dizaine en France. Si on se partage les cas, cela ne fait que deux en moyenne par centre. Il n’y aura pas de problème. »

Pas de pandémie en vue

Le Pr Tattevin écarte tout risque de pandémie : « Pour le moment, il n’y a pas eu de cas de transmission en dehors du bateau. On va s’assurer que cela reste ainsi. Dans quelques semaines, on ne parlera plus de hantavirus en France. Il y aura peut-être encore un ou deux cas parmi les contacts, mais on s’en occupera. »

Interrogé sur une éventuelle relance de production de masques de protection, il conclut : « Non, je ne pense pas que cela soit nécessaire. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale