Meurtre de Ghislaine Grivart de Kerstrat : l'ADN démasque un délinquant sexuel mort
Meurtre de Ghislaine Grivart : l'ADN démasque un suspect mort

Une affaire relancée par l'ADN

Dans les archives criminelles, une simple trace peut tout changer. C'est ce qui s'est produit pour le meurtre de Ghislaine Grivart de Kerstrat, une jeune femme de 19 ans, dont le corps avait été découvert en 1994 dans un bois de Montaut, en Lot-et-Garonne. L'affaire, longtemps classée parmi les non résolues, a été relancée grâce à une empreinte génétique.

Cette empreinte, prélevée sur un vêtement que portait Ghislaine le jour de sa disparition, a permis d'identifier un délinquant sexuel : Didier Buret. Selon nos informations, cet homme, décédé en 2005, est désormais le principal suspect.

Les faits : une disparition tragique

Le 26 mai 1994, Ghislaine Grivart de Kerstrat quitte son domicile pour un rendez-vous chez le coiffeur à Fumel. Elle prévoit ensuite de se rendre chez des amis à Saint-Sylvestre-sur-Lot en faisant du stop. Elle n'y arrivera jamais. Le 2 juillet, une agricultrice découvre son cadavre à moitié dénudé, caché dans un talus broussailleux à Montaut, près de la Dordogne.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L'autopsie révèle une mort par strangulation avec une ceinture retrouvée autour du cou. Bien que le légiste ne puisse confirmer une agression sexuelle, le pantalon découvert à côté du corps le suggère. C'est sur un vêtement de la victime que l'empreinte génétique de Didier Buret a été identifiée.

Le suspect : un parcours judiciaire lourd

Didier Buret, dont le casier judiciaire est marqué par des violences et des atteintes sexuelles, ne pourra jamais être interrogé. Il s'est suicidé en juillet 2005, après une plainte pour viol déposée par sa compagne. Les gendarmes de la section de recherches d'Agen (désormais rattachée à Bordeaux) mènent des investigations dans son entourage en Lot-et-Garonne.

Des auditions ont eu lieu, notamment auprès de l'entreprise de transport où il travaillait. Ghislaine avait été prise en stop par le conducteur d'un fourgon blanc, et Buret utilisait ce type de véhicule à l'époque.

Le témoignage de son avocat

Me Édouard Martial, qui a défendu Didier Buret pendant près de dix ans, se souvient de lui. Il l'avait représenté devant la cour d'assises de Lot-et-Garonne pour des faits commis après la mort de Ghislaine. Buret avait tiré sur un militaire qui l'avait pris en stop, et avait été condamné à sept ans de prison.

Libéré en 1999, il s'installe en Charente-Maritime, où de nouvelles plaintes pour agressions sexuelles sont déposées. « C'était quelqu'un d'insondable », confie Me Martial. « Beau garçon, il avait un contact facile avec les femmes, mais dans l'intimité, quelque chose se vrillait. Il n'avait aucun repère et était difficile à approcher. On sentait le poids du secret. Il me racontait que ses nuits étaient rythmées par les cauchemars. »

Ces cauchemars pourraient-ils être liés au meurtre de Ghislaine ? Une certitude : Didier Buret a croisé sa route. Le dossier semble proche d'un dénouement, mais l'instruction se poursuit pour reconstituer l'itinéraire de cet homme qu'un psychiatre avait qualifié de « psychopathe ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale