Près de trois semaines après l’alerte de l’OMS, un nouveau cas d’infection à l’hantavirus a été confirmé ce vendredi. Il s’agit d’un membre d’équipage du navire MV Hondius, rapatrié aux Pays-Bas, portant à 12 le nombre de cas suspects ou confirmés, dont trois décès. Cette nouvelle a renforcé la ministre de la Santé dans sa décision de maintenir l’isolement des 26 cas contacts français à l’hôpital, malgré l’absence de symptômes.
Le début de la crise
Tout commence le dimanche 3 mai, lorsque l’OMS annonce trois décès liés à un possible foyer d’hantavirus sur un bateau de croisière dans l’Atlantique Sud. Le MV Hondius, avec 147 personnes à bord dont cinq Français, est bloqué au large du Cap-Vert. Le 10 mai, les passagers sont débarqués aux Canaries et rapatriés sous haute surveillance. Les cinq Français, considérés comme cas contact à haut risque, doivent suivre une quarantaine de 72 heures à l’hôpital puis 42 jours à domicile.
Un revirement gouvernemental
Le lendemain, le gouvernement opte pour une ligne plus stricte : tous les cas contacts, sans exception, seront hospitalisés pour une quarantaine renforcée. Cette décision fait suite à l’aggravation de l’état d’une croisiériste dans l’avion de rapatriement. Une vaste opération de traque des personnes à hospitaliser est lancée à travers la France, suscitant une certaine psychose.
Modélisations épidémiques
Des modélisations présentées au ministère de la Santé évaluent le risque d’infection chez les cas contacts asymptomatiques. Les résultats suggèrent qu’il est envisageable de moduler la quarantaine selon le niveau d’exposition. Certains cas contacts pourraient ainsi être autorisés à poursuivre leur isolement à domicile, voire le réduire avant les 42 jours. Cependant, le gouvernement reste prudent et maintient la ligne stricte, notamment après la confirmation d’un nouveau cas aux Pays-Bas.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, affirme que les 26 cas contacts vont bien mais restent hospitalisés jusqu’à la fin de la période d’incubation de 42 jours. Une étude souligne le risque de foyers secondaires si les mesures d’isolement ne sont pas respectées. L’OMS appelle à une surveillance attentive de tous les passagers pendant la quarantaine, sans imposer l’hospitalisation. La question demeure : la France est-elle allée trop loin ?



